I. Dans sa biographie parRowe
SHAKESPEARE
virulente, où il jouait d'une façon peu flatteuse sur le nom de son adversaire (0 lowsie Lucy), et qu'il afficha sur les murs du château. Cette fois Shakespeare aurait cru prudent de quitter Stratford. Shakespeare et sir Thomas Lucy auraient ainsi joué d'avance la première scène des Joyeuses Commères de Windsor1.
La date de son départ est inconnue ; elle est sans doute postérieure à février 1585, date de la naissance de ses deux jumeaux. En 1592, il est déjà célèbre comme acteur-auteur; il excite les jalousies des auteurs de profession : et Robert Green2, à son lit de mort, engageant ses amis Nash, Peel et Marlowe à se défier des comédiens, flétrit en allusions transparentes « cette corneille parée de leurs plumes », ce parvenu qui, dans « ce cœur de tigre enveloppé d'une peau de comédien 3 », se croit capable de faire ronfler un vers blanc aussi bien que le meilleur d'entre eux4, et n'étant qu'un Jean -à tout faire, se figure être le seul ébranle-scène (Shake-scene) du
1. Le juge de paix Shallow (nigaud), dont Falstaff a battu les gens et tué le gibier, porte douze brochets {luces) blancs sur son armoirie: c'étaient les armes de sir Thomas Lucy; et les dozen white luces deviennent, comme dans la ballade, « the dozen white louses. . . familiar beast to man (I, 1). »