‹ Essais de littérature anglaiseChapitre 51 sur 122 · Voir pages 129 et suivantes · texte numérisé non relu

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de ces mondes, palpitant comme le cœur des personnages, débordant de pensées et trop haletant pour les exprimer1, ici s'exhalant en cris, là jetant deux images discordantes dans le moule trop étroit d'une même ligne, pour répondre en hâte à l'afflux de passions qui l'assiège; puis, par instants, en plein éclat de la passion, des repos et des calmes étranges, d'une douceur et d'une mélancolie pénétrantes, dans laïatigue et la plainte d'un cœur brisé 2. Nulle part Shakespeare n'a poussé plus loin l'audace du st}de et cette correction suprême de la langue, qui remplit sa fin en oubliant ses lois 3. C'est un Saint-Simon déchaîné dans la poésie et le drame.

Les critiques n'ont pas été en peine de montrer dans la pièce bien des incohérences de détail, des contradictions, des absurdités. Une fois, c'est Macbeth qui, à une scène d'intervalle, oublie qu'il a vaincu et fait prisonnier le thane de Cawdor révolté et en fait un gentilhomme encore prospère 4; c'est un soldat blessé grièvement que l'on envoie annoncer la victoire, et qui arrive de Fife, lieu du combat, à Forres où est le roi, soixante-dix milles à travers les

1 . En particulier tout le personnage de lady~ Macbeth, et celui de Macbeth depuis le crime et dans les monologues avant le crime.

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