‹ Essais de littérature anglaiseChapitre 65 sur 122 · Voir Freeman, History of the Norman Conquest, II · texte numérisé non relu

Voir Freeman, History of the Norman Conquest, II

Le parti triomphant le noircit, mais sans pouvoir effacer le souvenir de ses bienfaits. Trois siècles après sa mort, le chroniqueur John of Fordun 1 fait de lui un tyran ; mais les lois qu'il lui attribue témoignent contre son jugement et montrent en Macbeth une sorte de Louis XI écossais, qui impose aux nobles le joug de la loi2 et succombe sous la rancune féodale. Jusqu'ici, rien de légendaire 3. La légende paraît dans Andrew of Wyntoun, dont le récit est un compromis étrange entre l'histoire qui glorifie Macbeth et la légende légitimiste qui Je flétrit. L'histoire lui dit que du temps de Macbeth l'abondance a régné sur terre et sur mer4; qu'il

1. Chronica gentis Scotorum, ed. W. F. Skene, l, 188 et suite. Fordun écrit dans la seconde moitié du xive siècle (mort vers 1385).

2. Défense sous peine de mort de prêter serment à tout autre qu'au roi; défense de porter les armes, sauf pour la défense du roi et du royaume ; défense aux gouverneurs d'acheter des terres ou de marier leurs enfants dans leur gouvernement; défense aux grands seigneurs de s'unir entre eux par mariage, sous peine de mort. Nul ne peut siéger en cour temporelle qu'au nom du roi.

3. C'est dans Fordun que paraît Macduff. Macbeth, comme dans la légende postérieure, menace Macduff de lui mettre le cou sous un joug de bœuf ; mais Fordun ne connaît pas la cause de la colère de Macbeth (quid causae nescio); la légende du château de Dunsinane ne paraît que dans Wyntoun.

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