‹ Essais de littérature anglaiseChapitre 66 sur 122 · The Orygynale Cronykil of Scotland, ed. D. Laing · texte numérisé non relu

The Orygynale Cronykil of Scotland, ed. D. Laing

AU hys tyme was gret plenté

Abowndand bath (= both) in land and se (II, 128).

MACBETH

était juste et faisait respecter la loi ; qu'il se rendit en pèlerin à Rome, y sema les aumônes parmi les pauvres et travailla toujours au profit de la sainte Eglise 1 ; enfin, le chroniqueur, pour résumer le règne de Macbeth, ne trouve que ces mots de suprême éloge :

Rex Macabeda decem Scotias septemque fit annis, In cujus regno fertile tempus erat2.

Et pourtant ce roi, sous qui l'Ecosse a été si heureuse, est fils de Satan. Sa mère, se promenant dans les bois, rencontre un beau jeune homme qui la séduit et dont elle a un enfant: ce jeune homme était le démon. Il promet à la jeune femme que son fils sera homme de grand état et de grande valeur, et que nul homme, né de femme, ne sera capable de lui ôter la vie 3.

1. He wes in justice rycht lawchfull {right lawfull) And till (to) hys legis ail awfull.

Qwhen (when) Léo the Tend wes pope off Rome

As pylgryne to the Curt he corne,

And in hys almus (alms) he sew sylver

Till (to) ail pure (poor) folk that had myster (need) ;

And ail tyme oysyd (used) he to wyrk

Profytably for Haly Kyrke (Church).

2. La richesse matérielle du pays sous Macbeth est confirmée par le nombre considérable de pièces d'or du roi Canut, contemporain de Macbeth, qu'on a trouvées en Écosse; le commerce d'Écosse drainait l'or anglais (D. Laing, III, 252).

3. hyr sone suld (should) be A man off gret state and bownté, And na man suld be borne off wyff

Off powere to rewe (bereave) hym hys lyff.

Un jour Macbeth a un rêve ; il voit trois femmes, semblables aux sœurs de la Destinée, passer près de lui, et la première dit : « Voici le Thane de Crwmbawchty (Gromarty) ! » la seconde : « Voici le Thane de Moravia ! » et la troisième : « Voici le roi 1 ! »

Ce rêve le fait meurtrier. Il assassine le roi Duncan, son oncle, dont il épouse la femme, Gruoch. La forêt mouvante le décourage, parce qu'il croyait « que le malheur ne viendrait jamais pour lui, tant qu'il n'aurait pas vu de ses yeux le bois de Brynnane transporté sur la colline de Dwnsynane. » Il prend la fuite jusqu'au bois de Lunfanan ; là, un chevalier2, qui n'est point né de femme, car il a été arraché du sein de sa mère morte, l'atteint et le tue.

De Banquo et de Fleance, nulle trace encore. Ils paraissent dans Hector Boèce (1526), qui transforme le rêve de Macbeth en une entrevue avec les trois sœurs 3 et parle d'une seconde consultation. C'est déjà la légende de Holinshed 4. Boèce passe en s'en-

1 . He sawe thre wemen by gangang, And thai wemen than thowcht he, Thre werd Systrys mast lyke to be ; The fyrst he hard say gangand by,

« Lo, yhondyr the Thayne ofî Crwmbawchty ! » The tothir woman sayd agayne, « Ofî Morave yhondyr, I se the Thayne. » The thyrd than sayd. « I se the Kyng. » Ail this he herd in hys dremyng.

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