‹ Essais de littérature anglaiseChapitre 77 sur 122 · II · texte numérisé non relu

II

2. Methought I heard a voice cry " Sleep no more! " Macbeth doth murder sleep, the innocent sleep... Still it cried " Sleep no more!" to ail the house : Glamis hath murder'd sleep, and therefore Cawdor Shall sleep no more ; Macbeth shall sleep no more.

MACBETH

le ciel même » Il passa un an au bord de la Loire, en compagnie du général de Beaupuy , un des plus purs soldats de la République naissante, et qui devait bientôt donner sa vie pour elle (1796). Il vint à Paris après Valmy et les premières victoires de « l'Hercule républicain , qui , dans son berceau , venait d'étouffer de ses bras d'enfant les serpents conjurés ». Il trouva à Paris les traces du sang de Septembre. Il parcourut la grande cité, passa devant la prison du roi, devant le Louvre, « où avait hurlé le canon de l'assaut », dans le Carrousel, vide à présent , mais si longtemps entassé de morts sur les vivants; il essayait de lire ces lieux silencieux et de leur faire redire les drames qu'ils avaient vus.

Il rentra chez lui dans sa chambre, une vaste chambre solitaire dans un grand hôtel. Il veilla la nuit, essayant de lire. Il commença alors à sentir dans quel monde il était plongé, quel sol il foulait, quel air il respirait. Il songeait à ces massacres: un petit mois à peine l'en séparait ; il voyait le sang, le touchait. Et dans le spectre du passé, il voyait d'avance le spectre de l'avenir ; la tempête déchaînée que n'épuisera pas un seul ouragan ; la marée de sang qui, une fois venue, revient et remonte; le tremblement de terre qu'une seule convulsion n'épuisera pas. Et il resta , couvant ses terreurs ,

Page 1