Le dernier chant du pèlerinage de Harold
sciemment et avec génie1: âmes aussi différentes que possible, et sœurs pourtant. Byron eut peu d'action sur Hugo, qui ne lui doit que l'idée de son Mazeppa , imitation d'une originalité suprême , et peut-être l'idée de ses Orientales. Musset est de nos trois grands poètes celui qui lui doit le plus ; Byron fut, avec « les grands vers et la danse », une des adorations de sa jeunesse 2; ses premières poésies sont un écho de Bon Juan, avec la grâce en plus et l'amertume en moins; c'est le scepticisme avant la souffrance; le contraste des deux natures est frappant dans Namouna, qui est le sujet même de Bon Juan et qui est un essai cle philosophie idéaliste du libertinage. Dans sa seconde période il s'affranchit définitivement de Byron et cesse de prendre conseil du voisin.
Les véritables élèves de Byron en France , c'est plus bas qu'il faut les chercher : c'est dans le mélodrame romantique; c'est Antony, c'estMonte-Chinsto* qui sont les fils légitimes de Lara. « Le pis de l'in-
Lamartine, « voulant conduire le poème de Childe Harold jusqu'à son véritable terme, la mort du héros, le reprend où lord Byron l'avait laissé, et, sous la fiction transparente du nom d'Harold, chante les dernières actions ou les dernières pensées de lord Byron lui-même, son passage en Grèce et sa mort ». — De beaux passages, mais le ton général est faussé par l'esprit de sermonnaire.