‹ Essais de morale & de critiqueChapitre 4 sur 23 · IV PRÉFACE · texte numérisé non relu

IV PRÉFACE

nécessité de conserver la tradition du bien. Je ne me retirerais point satisfait de la vie , si mon action s'était bornée à soutenir un ordre d*études ou un système particulier; je suis, en effet, plus convaincu que jamais que la vie morale a un but supérieur et qu'elle correspond à un objet. Si la fin de la vie n'était que le bonheur, il n'y aurait aucun motif pour distinguer la destinée de l'homme de celle des êtres inférieurs. Mais il n'en est point ainsi : la morale n'est pas synonyme de Vart d^être heureux. Or, dès que le sacrifice devient un devoir et un besoin pour l'homme, je ne vois plus de limite à l'horizon qui s'ouvre devant moi. Comme tes parfums des iles de la mer Erythrée^ qui voguaient sur la surface des mers et allaient au-devant des vaisseaux, cet instinct divin m'est un augure d'une terre inconnue et un messager de l'infini.

La merveilleuse efficacité du devoir pour édifier et pacifier les âmes est TexpUcation d'un phénomène assez ordinaire dans l'histoire de la philosophie, je veux dire de l'apparenle contradiction que nous offren l tant de nobles esprits qui n'ont cru qu'à la vertu . Lorsque l'Âristote des temps modernes, Kant, porta la critique à la racine même de l'intelligence humaine, résolu de ne s'arrêter que devçint Tindubi-

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