‹ Essais de morale & de critiqueChapitre 3 sur 23 · PRÉFACE. III · texte numérisé non relu

PRÉFACE. III

peut plus se séparer de la délicatesse de Tâme et de la culture de l'esprit. J'ai cru la servir en essayant de la transporter dans la« région de Tinattaquable, au delà des dogmes particuliers et des croyances surnaturelles. Si celles-ci viennent à crouler, il ne faut pas que la religion croule, et un jour viendra peut-être où ceux qui me reprochent comme un crime cette distinction entre le fond impérissable de la religion et ses formes passagères seront heureux de chercher un refuge contre des attaques brutales derrière Tabri qu'ils ont dédaigné. Je veux certes la liberté de la pensée ; car le vrai a ses droits comme le bien , et on ne gagne rien à ces timides mensonges qui ne trompent personne et n'aboutissent qu'à Thypocrisie. Dans les études historiques, en particulier, que j'envisage comme fournissant la vraie base de la science de l'humanité, il est clair qu'une grande indépendance de la théologie est nécessaire, puisque l'esprit de la théologie est justement l'inverse de celui de la vraie critique , et que l'histoire, en subissant le joug d'un dogme religieux, se condamne ou aune partialité avouée, ou à l'empirisme vulgaire qui, sous les faits matériels, ne sait pas saisir un esprit. Mais, je l'avoue, la science mémo et la critique sont à mes yeux des choses secondaires auprès de la

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