Mécanirjue céleste, p
planète où le rapport de la force centrifuge à la gravitation est élevé. Des anneaux permanents ne sauraient exister à une distance considérable du corps d'une planète : c'est ce que l'hypothèse de la nébuleuse met en évidence. Des anneaux détachés de bonne heure au cours de la concentration de la planète, et qui par suite seraient d'une matière gazeuse et très-peu cohérente, n'auraient aucune force pour résister aux causes de rupture nées d'un équilibre imparfait; il leur faudrait se résoudre en satellites. Un anneau liquide est le seul capable de permanence. Or un anneau liquide ne peut se produire que lorsque la condensation touche à sa fin, quand la matière, quittant l'état gazeux, se liquéfie, et que la masse est sur le point de prendre figure de planète. Et même alors, pour se produire, il réclame certaines conditions spéciales. Gomme la gravitation obtient une prépondérance rapidement croissante durant les derniers âges de la concentration, la force centrifuge ne peut pas d'ordinaire détacher des anneaux lorsque déjà la masse est devenue dense. Il a fallu que dans un cas, celui de Saturne, la force centrifuge demeurât puissante jusqu'au bout, pour que des anneaux hquides fussent formés. C'est ainsi que la théorie de la nébuleuse nous fait concevoir pourquoi de tels corps subordonnés entourent Saturne et manquent partout ailleurs.
N'oublions pas non plus que Saturne possède un anneau découvert depuis peu d'années, nébuleux et à travers lequel . on voit le corps de la planète comme à travers un voile épais. Placée dans la seule situation, semblc-t-il, où. elle pût se
conserver, suspendue pour ainsi dire entre les anneaux plus denses et la planète, subsiste encore une de ces masses annulaires de matière diffuse d'où sont nés à notre sens les satellites et les planètes.
Ainsi , à côté de ces phénomènes frappants du système solaire , qui donnèrent la première idée de son mode de formation, il en est d'autres, moins importants, qui en foule nous invitent à suivre la même idée. N'y eût-il pas une autre preuve, ces combinaisons mécaniques, dans leur ensemble, pèseraient encore d'un grand poids en faveur de l'hypothèse de la nébuleuse.
Voilà pour la mécanique du système solaire : maintenant arrivons aux caractères physiques, et commençons par les densités spécifiques des planètes et par les conclusions qu'on en peut déduire.
D'une façon générale, les planètes les plus denses sont les plus voisines du soleil; aux yeux de plusieurs, c'est là encore un indice de plus en faveur de la doctrine qui les fait naître de la nébuleuse. Les parties extérieures d'un sphéroïde nébuleux en rotation, aux premiers âges de la condensation, sont, on peut l'affirmer à bon droit, relativement rares; or, si la masse entière en se contractant acquiert une densité de plus en plus grande, cette vérité s'applique aux parties extérieures comme aux autres; on en conclura que les anneaux successivement détachés seront de plus en plus denses et formeront des planètes douées de poids spécifiques de plus en plus considérables. Mais, sans parler
d'autres objections, cette explication est tout à fait impuissante à rendre compte de tous les faits. Prenant la Terre comme point de comparaison, nous établirons ainsi les densités relatives des corps du système :