Loi de l'endosmose. (TR
avons sur la terre? Il y a lieu de le croire. Contient-elle des éléments inconnus aux hommes? Il se peut fort bien.
Quoi qu'il en soit d'ailleurs, on doit mettre au rang des vérités établies celle-ci, que l'atmosphère du soleil est en grande partie formée de vapeurs métalliques ; et il s'ensuit presque nécessairement que le corps incandescent du soleil est fait de métaux en fusion. Voilà donc une conclusion tirée a priori^ qui sans doute dut sembler à plus d'un lecteur une spéculation bien hardie, et qui se trouve justifiée solidement par des observations, elles-mêmes faites en dehors de toute théorie : c'est là un fait saisissant. Et il vient encore à l'appui de la théorie d'où cette conclusion a priori a été tirée. Kirchhoff luimôme, à qui nous devons cette découverte touchant la constitution de l'atmosphère solaire, remarque, il est bon de le dire, dans son mémoire daté de 1861, que les faits nouveaux sont d'accord avec l'hypothèse de la nébuleuse.
N'oublions pas non plus de le dire, les découvertes de Kirchhoff ont une importance notable pour la théorie que nous avons soutenue dans nn passage précédent. A part le barium, le cuivre et le zinc, qui paraissent n'être là qu'en petites quantités, les métaux qui se trouvent à l'état de vapeur dans l'atmosphère solaire, et par conséquent à l'état liquide dans le noyau incandescent, ont une densité moyenne de 4,2o. Or la densité moyenne du soleil est de 1 environ. Gomment expliquer cette différence? Dire que le soleil est formé presque uniquement des trois plus légers d'entre les métaux énumérés, c'est dépasser de beaucoup ce qui est prouvé ; les résultats de l'analyse spectrale nous autoriseraient aussi bien à dire que
le soleil est fait presque entièrement des trois plus pesants. Trois de ces métaux (dont deux lourds) ont déjà été mis hors de cause, comme paraissant n'exister là qu'à de faibles doses ; la seule supposition sur laquelle on puisse baser une estime sérieuse du poids spécifique du tout, c'est donc que les autres s'y trouvent en quantités à peu près égales. Serait-ce alors que les métaux les plus légers prédomineraient dans le noyau en fusion, tout en étant moins abondants dans l'atmosphère? La chose est bien invraisemblable : les habitudes connues de la matière nous feraient plutôt admettre le contraire. Serait-ce qu'avec la température et la force gravitative qui régnent sur le soleil l'état de condensation dit liquidité y serait absolument différent de ce qu'il est sur la terre ? C'est là une hypothèse bien hasardée ; notre expérience à la surface de la terre ne nous fournit rien de concluant en sa faveur ; et, quand on admettrait cette dissemblance, il n'est guère à croire qu'elle pût faire varier les densités dans la proposition de 4 à 1 . La conclusion la plus légitime, c'est que le soleil n'est pas dans toute sa profondeur fait de matière en fusion ; qu'il est formé d'une enveloppe en fusion, avec un noyau gazeux. Et c'est là,
j nous l'avons vu, un corollaire de l'hypothèse de la nébu-
' leuse.
Dans leur ensemble, les séries d'arguments que nous venons d'apporter arrivent presque à faire une démonstration. Les théories récemment admises touchant la nature des nébuleuses, si on les soumet à un examen critique, conduisent, nous l'avons vu, leurs défenseurs à des absurdités ; au contraire, les apparences variées de ces mêmes nébuleuses s'expliquent
comme autant d'étals successifs d'une matière diffuse qui se précipite et se condense. Les comètes, avec leur constitution physique, leurs orbites prodigieusement allongées, et de directions variables, avec la répartition de ces orbites dans l'espace, avec leurs caractères qui les rattachent évidemment au système solaire, sont autant de témoins d'un temps passé où ce système était à l'état nébulaire. Sans parler des caractères les plus frappants que présentent dans leurs mouvements les planètes, et qui ont donné la première idée de l'hypothèse de la nébuleuse, ni des preuves à en tirer, un examen plus attentif en découvre d'autres encore dans les inclinaisons si peu différentes entre elles de leurs orbites, dans leurs vitesses de rotation respectives, dans la diversité de direction de leurs axes de rotation ; et, de leur côté, les satelhles confirment ces témoignages par bien des caractères, mais par ce fait surtout, qu'ils abondent ou manquent aux heux mêmes que voulait l'hypothèse. En suivant le cours de la condensation des planètes, nous arrivons, touchant leur structure intérieure, à des conclusions qui d'une part expliquent leurs densités en apparence anormales, et de l'autre concilient certains faits à première vue contradictoires. En outre, ce que l'hypothèse nous avait permis de prévoir a priori, quant aux températures des corps nés de la nébuleuse, estcontîrmé exactement par l'observation ; et ainsi nous nous expliquons et la température relative et la température absolue du soleil et des planètes. Embrassons d'un coup d'oeil toutes ces preuves-là; considérons qu'avec l'hypothèse les phénomènes principaux du système solaire, et du ciel en général, s'expliquent; que tout au contraire la cosmogonie vulgaire n'a pas un seul