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ASTOR, LENOX AND TILOEN FOUNDATIONS.
c Voici encorec une*anftiéè quiânlt.sSi-tu^s un bon commerçant, un hommcf entendu en affaires, tu vas arrêter tes comptes pour savoir 'sji tu ias-^agné^ou perdu durant cette année, et combien ? C*est îàr-dessus' que tu régleras ton négoce et la dépense djS^fe^giàiçoîi.jC-eèt fort bien, mais ce n'est pas tout. N'exâmiîiferâo-tHi pas aussi ton compte moral ^ pour voir ce que tu as gagné dans la conduite de ta vie, quel vice tu as supprimé, quelle vertu tu as acquise? Tu es devenu plus riche de telle et telle somme, de combien es-tu devenu meilleur et plus sage? « Que sert à un homme de gagner le monde s^il vient à perdre sorî.âme?^» Si tu ne fais pas attention à ceci, tu auras beau [compter des millions dans ta caisse, tu paraîtras pauvre, même ici-bas, aux yeux de ceux qui savent voir, et tu seras vraiment pauvre dans ^éternité. »
Ces paroles, extraites de YAlmanach du bonhomme Richardy pour l'année 1756 *, sont la confession même de Franklin. Toute sa vie il a tenu ce double compte, matériel et moral; il a toujours su l'état de sa caisse
l. Jared Sparks, FranklirCs Works ^ t. II, p. 91.
et l'état de son âme, et ne s'est pas moins occupé d'enrichir son esprit que d'agrandir sa fortune. Quand on le connaît bien, on peut même affirmer que, de ces deux poursuites, la première était celle qui l'intéressait le plus ; il s'est moins inquiété de ce qu'il laisserait dans ce monde que de ce qu'il emporterait avec lui. C'est là qu'est l'originalité de Franklin. On trouve partout des commerçants qui ne pensent qu'à leurs affaires, des philosophes qui ne songent qu'à leur science^ mais un homme qui réunit ces deux modes de l'activité humaine et qui est à la fois commerçant et philosopha Qxc^U^t^ c'est chose plus rare, et qui mérite d'être lô&è/e.': V • ^ '' '*: :/:
Quelle est la prûlopopjiiç'de Ftàhklin? Pour être plus exact, je devrafe;difê'qûe|fe;est sa religion, car il y a chez FranUiii.unêÏQÎj5Îopère, et raisonnée, une conviction ardente 1^.143 Itti/igè djins toutes ses actions. Franklin croit fermement à îîieu et à l'immortalité de l'âme, mais son Dieu n'est pas cet être solitaire et indifférent que les déistes relèguent dans son immuable éternité, et qui n'a plus droit de s'occuper du monde une fois qu'il l'a laissé échapper de sa main ; le Dieu de Franklin s'appelle la Providence ; il écoule la prière du plus misérable et du plus faible individu, et pour sauver une âme, il suspend au besoin la nature et ses lois fatales.
a Si Dieu, dit notre philosophe, n'intervient pas quelquefois par sa Providence, c'est qu'il ne le peut pas, ou qu'il ne le veut pas. Quelle de ces suppositions choisirezvous? Voici une nation indignement opprimée par un tyran cruel, elle prie Dieu de la délivrer. Dire que Dieu ne peut
pas le faire, c'est lui dénier son pouvoir infini; dire qu'il ne le veut pas, c'est lui dénier sa bonté infinie. Vous êtes forcés d'avouer qu'il est profondément raisonnable de croire à la Providence, parce qu'il est profondément absurde de croire le contraire.
« S'il est déraisonnable de supposer que Dieu n'a pas le pouvoir de nous aider et de nous favoriser particulièrement, qu'il ne peut nous entendre ni s'occuper de nous, que les bonnes actions ne méritent pas plus de bienveillance que les mauvaises, je conclus que la foi en une Providence est le fondement de toutb vraie religion. Nous devons aimer et respecter Dieu pour sa bonté, et le remercier de ses bienfaits; nous devons adorer sa sagesse, craindre son pouvoir, et implorer sa faveur et sa protection. Cette religion sera la règle et la maîtresse de nos actions, elle nous donnera la paix et la tranquillité de l'âme, et nous rendra bienveillants, utiles et bienfaisants pour les autres hommes '. >
Quant à Timmortalité de Tâme, Franklin n'en est pas moins sûr que de son existence actuelle. L'homme est un esprit, le corps n'est qu'une enveloppe qu'on dépouille quand elle est usée. C'est là chez lui une foi inébranlable, une pensée de tous les instants. Depuis répitaphe anticipée qu'il se compose à vingt-deux ans% jusqu'à la lettre qu'à la veille de mourir il adresse à Ezra Stiles ', tout dans sa vie, ses lettres, ses écrits, est pénétré de cet espoir en une vie meilleure , où chacun sera traité suivant ce qu'il a fait ici-bas.
Quelle sera la récompense de ceux qui auront passé
[. De-la Providence de Dieu dans le gouvernement du monde. Franklin'' s Works, t. II, p. 531.