I. 3475000 francs
agréable aux étrangers qui s'y rendent pour leur santé ou leurs affaires. Quant aux trente et un mille livres restant^ je désire que^ pendant une nouvelle période de cent ans, Ton continue à les prêter à intérêt, de la façon déjà dite; car j'espère qu'on aura reconnu les bons effets de cette institution sur la conduite de la jeunesse, et les services qu'elle aura rendus à une foule d'honnêtes gens et d'utiles citoyens. A la fin de ce second terme, si aucun accident ne trouble l'opération, on aura quatre millions soixante et un mille livres sterling; sur cette somme, je laisse un million soixante et un mille livres à la disposition des habitants de Boston, et les trois millions restant à la disposition du gouvernement de l'État, n'osant porter mes vues plus loin.
Je désire que toutes les indicalions que je donne ici pour l'administration de la donation que je fais aux habitants de Boston soient également suivies pour la donation faite aux habitants de Philadelphie; mais comme Philadelphie a un corps municipal, je prie ce corps de se charger de cette administration, et je l'investis de tout pouvoir à cet égard. Gomme j'ai observé qu'à Philadelphie le terrain est plat et qu'il est couvert de bâtiments et de pavés qui emportent l'eau de pluie et l'empêchent de pénétrer dans la terre, d'y renouveler et d'y purifier les sources, ce qui fait que peu à peu l'eau des puits s'altère et £nit par ne plus servir, chose qui est arrivée dans toutes les vieilles villes, je recommande qu'à l'expiration des premiers cent ans, si on n'a déjà remédié au mal, le corps municipal emploie une partie des cent mille livres à amener, par des tuyaux, l'eau de la Wissahickon dans la \iU&^ às^ ^^^
à en fournir les habitants. La chose pourra, je crois, se faire sans grande peine, le niveau de ce cours d'eau étant beaucoup plus haut que le sol de la cité, et pouvant encore être élevé par un bâtardeau. Je recommande aussi de rendre le Schuyikill entièrement navigable. A la fin du second siècle, les quatre millions soixante et un mille livres seront partagées entre les habitants de la cité de Philadelphie et le gouvernement de Pensylvanie, de la même façon qu'entre la ville de Boston et le gouvernement de Massachusetts.
Mon désir serait que cette fondation commençât dans Tannée qui suivra mon décès; c'est pourquoi il sera nécessaire de Tannoncer publiquement avant l'expiration de cette année, afin que ceux en faveur de qui rinstitution est établie puissent faire leurs demandes respectives. Je charge mes exécuteurs testamentaires de payer, dans les six mois qui suivront mon décès, la susdite somme de deux mille livres sterling aux personnes que les selectmen de Boston et le corps municipal de Philadelphie auront dûment chargées de recevoir le legs en question.
A considérer les accidents auxquels les affaires et les projets des hommes sont exposés durant une telle longueur de temps, je me suis peut-être bercé d'une vaine illusion , en me flattant que ces dispositions, si elles s'exécutent, pourront continuer sans interruption et avoir l'effet désirée J'espère pourtant que si les
1. Il s'en faut en effet de beaucoup que la fondation de Franklin ait produit les magnifiques résuluts qu'il en attendait. Beau, coup de débiteurs n'ont pas payé ; il s'est présenté moins d'emprunteurs qu'on ne comptait; la cause en est, sans doute, à la difSculté de trouver des cautions quand on n'a rien. £n 1840,
ET D'ÉGONOMIB POLITIQDE. 343
habitants des deux villes ne jugent pas à propos de se charger de cette œuvre^ ils regarderont au moins l'offre de cette donation comme une marque de ma bonne volonté, une preuve de ma reconnaissance, un témoignage de mon sérieux désir de leur être utile quand je ne serai plus. Je désire que les deux villes essayent d'exécuter ce projet, parce que je pense qu'alors même qu'il s'élèverait des difficultés imprévues, on trouvera des expédients pour les surmonter, et qu'on verra que le plan est praticable. Si l'une des deux villes accepte le legs avec ces conditions et que l'autre refiise, ma volonté est que les deux sommes soient données aux habitants de la cité qui acceptera le tout, pour en faire l'usage susindiqué. Si les deux cités refusent, la somme rentrera dans la masse de ma succession, et la disposition en sera réglée par mon testament du 17 juillet 1788.
Je désire être enterré à côté de ma femme, si la chose est possible. Je demande qu'on place sur le lieu de notre commune sépulture un marbre taillé par Ghambers, de six pieds de long sur quatre de large, sans autre ornement qu'une petite moulure dans le haut et l'inscription
BENJAMIN \ \ ET I PRANKTilN.
dAborah ^
cinquante ans après la mort du donateur , les 1000 livres sterling, ou 25000 francs, légués à Boston^ ne représentaient que 28442 dollars, moins de 120000 francs. Â Philadelphie, le résultat était encore moins brillant. Jared Sparks, Life of Franklin, p. 611.
Je donne à mon ami et k Tami du genre humain, le général Washington, ma belle canne de pommier sauvage , surmontée d'une pomme d'or curieusement travaillée en forme de bonnet de liberté. Si c'était un sceptre, il Ta mérité ; un sceptre serait bien placé dans sa main. C'est un présent que m'a fait une excellente dame, Mme de Forbach, duchesse douairière de Deux- Ponts; elle y a joint quelques vers qui doivent accompagner mon cadeau ^
Je donne ma montre d'or à mon gendre Bichard Bâche, avec la chaîne d'or des treize États unis que je n'ai pas encore portée. Je donne à mon petit-fils, William Temple Franklin, mon chronomètre qui est dans ma bibliothèque. Je lui donne également mon gong chinois. A ma chère et vieille amie mistriss Mary Hewson, je donne un de mes brocs d'argent marqué, pour qu'elle s'en serve durant sa vie; après sa mort, je le laisse à sa fille Élisa. A son fils William Hewson, qui est mon filleul, je donne ma nouvelle Bible inquarto, édition d'Oxford, pour qu'elle soit la Bible de sa famille; je lui donne également la description botanique des plantes cultivées dans le jardin de l'empereur à Vienne, avec figures coloriées. A son fils, Thomas Hewson, je donne une collection bien reliée du Spectatev/r, du Babillard et du Tuteur.
Je donne à mes exécuteurs testamentaires, pour être également partagée entre ceux qui agiront comme tels, la somme de soixante livres sterling, comme une espèce d'indemnité pour le dérangement que je leur causerai.
1. Cette canne qui fait partie des reliqties de Washington se voit à Washington, au Patent Office, Les vers n'ont pas été retrouvés.
^é prie en outre mon ami M. Duffield d'accepter mon
compteur français, mécanisme d'horlogerie en laiton,
\qiii s'adapte à toute forme de voiture; je prie mon ami
M. Hill d'accepter mon pot k crème en argent que m'a
dobné autrefois le bon docteur Fothergilly et qui porte
! . la devise : Gardez la chaîne brUlante. Je donne à mon
j { ami M. David Rittenhouse, pour son observatoire,
j-.J mon télescope réflecteur, qui a été fait par Short, et
; '.: qiû & appartenu k M. Canton.
.1 Jjd doiiiie au suprême Conseil exécutif de Pensylva-
; '• nie mon portrait, fait par Martin en 1767, si le Conseil C •' veut me faire l'honneur de l'accepter et de le placer ! ' dans*sa salle des séances.
I)epuis que j'ai fait mon testament, j'ai acheté quel-
: ques autres lots de terrain dans la ville, au centre du
' dpdiaine de Joseph Dean. Je veux qu'ils accompagnent
' les autres .lots de terrain dont j'ai disposé dans mon
testament, et je les donne k mon gendre Richard
r •Bac&e et k ses héritiers.
J-' " J ajoute dix livres sterling k l'annuité de cinquante ir -livres que j'ai laissée k ma sœur, de façon k ce que la .<• rente viagère soit de soixante livres.
\ "Je donne vingt guinées k mon bon ami et médecin '*. le djocteur John Jones.
\ • \E^nfin, c'est mon désir que le présent codicille soit V annexé k ma dernière volonté, et considéré conmie une I part dç mon testament.
En foi de quoi j'ai mis ici mon seing et mon sceau, ce vingt-troisième jour de juin, anno Domini mil sept cent quatre-vingt-neuf. B. Franklin.