PARAPHRASE
« Il y a un certain nombre d'entre nous qui traînent dans ce monde pour y manger et y dormir, ignorant pourquoi ils sont nés, si ce n'est pour consommer du blé, dévorer bétail, volaille et poisson sans laisser derrière eux un plat vide. Les corneilles et les corbeaux en font autant, oiseaux de malheur et de nom odieux. Corbeaux et corneilles pourraient remplir leur place, avaler du blé et manger des carcasses. Quand ces gens-là mourront, si on n*apprend pas à leur tombe à flatter et à mentir, il n'y aura rien de mieux à dire sinon qnHls ont mangé tout leur pain^ bu tout leur via, et sont allés se coucher, »
Il y a encore d'autres fragments de ce poète payen qui reviennent à la mémoire en de telles occasions; l'un dans la première de ses satires, l'autre dans la dernière de ses épîtres, fragments qui semblent ne peindre la vie que comme la saison du plaisir.
t .... Exacto contentus tempore vitœ^ Cedat uti conviva satur. »
«( Lusisti satisy edisli salis alque bibisti, Tempus abire tibi est. »
Que nous pouvons traduire ainsi :
La vie n'est qu'une fête, et quand nous mourrons, s'il était là, Horace nous dirait : « Ami, tu as assez mangé, assez bu, il est temps de partir. Va-t'en donc comme un convive bien repu, le regard réjoui, le cœur content ; dis bonsoir à tes amis en leur répétant : fai fini la besogne de la journée. »