‹ Essais de morale et d'économie politique de Benjamin FranklinChapitre 59 sur 109 · V. dans la Correspondance la lettre du 19 septembre · texte numérisé non relu

V. dans la Correspondance la lettre du 19 septembre

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gnées; Tamitié pourra subsister, et peut-être servir d'une autre façon. Le temps, d'ailleurs, diminue chaque jour, et il est utilement employé. Toutes les positions de la vie ont leurs inconvénients ; nous sentons ceux du moment, mais nous ne sentons ni ne voyons ceux de Tavenir. De là des changements fréquents et pénibles ; nous n'y gagnons rien, et plus souvent nous y perdons.

Dans ma jeunesse, je me trouvai un jour à bord d'un petit sloop qui descendait le Delaware. Le vent était si faible que, lorsque la marée ne nous porta plus, nous fûmes obligés de jeter l'ancre en attendant le flot. La chaleur était excessive à bord ; les passagers m'étaient étrangers, leur société ne me plaisait guère. Je crus apercevoir, près du rivage, une prairie verdoyante, au milieu de laquelle s'élevait un bel arbre touffu. L'idée me vint que je pourrais m'asseoir sous son ombrage, y lire (j'avais un livre dans ma poche) et y passer le temps agréablement, jusqu'au retour de la marée. Je priai donc le capitaine de me faire conduire à terre. Â peine débarqué, je reconnus que ma prairie n'était qu'un marais; en la traversant, pour atteindre mon arbre, j'enfonçai dans la boue jusqu'aux genoux. Je n'étais pas à l'ombre depuis cinq minutes, que des nuées de moustiques fondirent sur moi, attaquant à la fois mes jambes, mes bras, mon visage, au point qu'il me fut impossible de lire et de me reposer. Je regagnai le rivage, en appelant pour qu'on vînt me chercher, et qu'on me ramenât à bord, où il me fallut endurer la chaleur à laquelle j'avais cru échapper, et de plus les rires de toute la compagnie. Dans les affaires de la vie il en va souvent de cette façon.

En songeant à la personne en question, j'avais jeté les yenx sur un collège en Amérique. Je ne connais personne qui soit plus capable de se rendre utile au pablic en faisant l'éducation de la jeunesse. Mais c6tte situation a peot-être aussi ses désagréments. Pour Tobtenir il faudrait d'abord entreprendre un voyage, trop hasardeux pour une famille en ce moment, et le temps qu'on consacre aux expériences se trouverait pris par d'autres travaux.

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