‹ Essais de morale et d'économie politique de Benjamin FranklinChapitre 80 sur 109 · SUR LE DUEL · texte numérisé non relu

SUR LE DUEL

Au docteur Percival^ fondateur de la Société philoso-

phique de Manchester,

Passy, 17 juillet 1784.

Cher monsieur,

J'ai reçu hier, par M. White, votre bonne lettre du 1 1 mai, avec l'agréable présent de votre nouveau livre ^ Je Tai lu tout entier avant de m'endormir. C'est une preuve de Tat trait qu'a pour le lecteur votre heureuse manière de mêler à vos leçons de petites anecdotes et des faits historiques. Veuillez agréer les expressions de ma reconnaissance, pour tout le plaisir que cette lecture m'a fait éprouver.

Il est étonnant que cette coutume meurtrière des duels, que vous condamnez avec tant de raison, continue si longtemps d'être en vogue. Jadis, les duels servaient à vider les procès. Us étaient excusables, car on était persuadé que la Provideoce faisait triompher la vérité et le bon droit en chaque affaire ; mais, à présent, les duels, ne décident plus rien. — Un homme tient un propos, un autre lui dit qu'il en a menti ; ils se battent; mais quel que soit celui des deux qui se fasse tuer, la question reste indécise. A Paris, ou raconte à ce sujet uoe histoire plaisante Un gentilhomme, se trouvant dans un café, pria un voisin de s'éloigner un peu. — Pourquoi ? dit ce dernier. — Parce que vous puez, monsieur, répondit-il. — Vous m'iu-

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