‹ Essais de morale et d'économie politique de Benjamin FranklinChapitre 86 sur 109 · Pays des fainéants · texte numérisé non relu

Pays des fainéants

pays, où tontes les terres sont oocnpëes et le prix de la main-d'œmrre fort médiocre, ils ne se seraient jamais éleyés an-dessns de la chétive condition où ils étaient nés.

La salubrité de l'air, la bonté du dimat, Tabondance de bons aliments, la facilité qa'on a à se marier de bonne heure, par la certitude de ne pas manquer de subsistance, font que l'accroissement de la population est très-rapide en Amérique ; elle le devient encore davantage par l'émigration des étrangers. Aussi, on y voit sans cesse augmenter le besoin d'ouvriers de toute espèce pour construire des maisons aux agriculteurs, et leur faire les meubles et ustensiles grossiers qu'il ne serait pas aussi commode de faire venir d'Europe.

Des ouvriers qui peuvent faire passablement les choses dont je viens de parler, sont sûrs de ne pas manquer d'occupation et d'être bien payés, car rien n'empêche l'étranger de faire le métier qu'il sait, et il n'a pas besoin de permission pour cela *. S'ils sont pauvres, ils conmiencent par être domestiques ou jour* naliers ; ei s*ils sont sobres, laborieux, économes, ils deviennent bientôt maîtres, s'établissent, se marient, élèvent leurs enfants et deviennent des citoyens respectables.

Les gens qui, ayant une médiocre fortune, et une nombreuse famille, désirent élever leurs enfants au travail, et leur assurer un héritage, peuveut aussi passer en Amériq[ue. Ils y trouveront des occasions qui manquent en Europe. Là-bas, ils pourront ap-

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