‹ Essais de palingénésie sociale (volume 2)Chapitre 10 sur 122 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

lui-même parcouru tous les degrés. Lliomme , ainsi, centre, sommet, but de la création, sur cette terre.

L'unité de composition organique. Un seul animal diversement modifié. C'est l'intelligence qui fait la différence réelle. L'organisation ne sert qu'à manifester l'être. La liberté, c'est Thomme même, y

Les anciens pythagoriciens ont été sur la voie. D'après Mélissus, une substance unique. Ainsi la vie et l'intelligence seraient tout.

Xénophane aussi admettait une substance unique, et il niait la certitude du témoignage des sens.

Rien n'est, dit Heraclite, tout se fait. Tout est évolution et développement. Tout a le mouvement palingénésique. Dieu crée éternellement, et se repose éternellement; tout est nécessaire et contingent: c'est là que se trouve l'accord de la prescience de l'être nécessaire et inconditionnel avec la liberté de l'être intelligent, conditionnel, contingent, produisant lui-même des nécessités et des contingences.

Tant qu'on ne considérera pas la Genèse comme la cosmogonie primitive, spontanée et progressive, successive et éternelle-, tant qu'on ne la considérera pas comme l'histoire à-la-fois mythique et phénoménale de la création éternelle et successive, les liens de l'orthodoxie effraieront nos intel-

licences, ou produiront la réaction de Fincrédulité. Voyez dans quel abyme cette prétendue orthodoxie, cette orthodoxie matérielle de la lettre, a conduit lord By ron , lorsqu'il a composé ce prodigieux mystère de Caïn. N'était-ce pas elle qui jetait Galilée dans les cachots de l'inquisition?

Puisque nous avons été entraînés à dire quelques mots de la Genèse, approchons de plus près cette source de toute tradition. Nous aurons au reste souvent occasion de puiser dans cette source éternellement sacrée.

Les traductions actuelles de la Bible, à l'époque où elles furent faites, ont satisfait, sans doute, aux besoins du temps. Une nouvelle traduction devient nécessaire , depuis que les connaissances géologiques ont fourni d'autres explications , depuis que l'astronomie a fait de tels progrès. La Bible, rendue plus accessible par les sciences entrées dans le domaine de l'esprit humain, ne peut que gagner en autorité. La science est venue confirmer le témoignage au moment même où l'on pouvait croire que la foi ne suffirait plus.

La Providence divine, qui prévoyait la science, puisqu'elle avait livré le monde à nos curieuses investigations, savait bien l'antique identité du livre de la Genèse et du livre de la Nature. Cette identité maintenant doit être établie de manière à réfuter toute récusation.

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