PREMIÈRE PARTIE. 3S
çore se dégager d'une vaste vase de lumière , pendant que d'autres, dans leurs ellypses accoutumées, ne roulent plus que des mondes éteints. Notre tour arrivera sans doute aussi. Un jour viendra, qui sera le dernier de cette terre; et cette grande catastrophe, cette immense agonie, qui frappera de stérilité un point de la création, ne sera pas même soupçonnée par quelques habitants des autres globes. Des milliers de créatures intelligentes et morales souffriront des maux étranges; et ces habitants des autres globes continueront de regarder avec indifférence le chétif météore perdu dans l'espace. Il sera cependant arrivé un grand événement dans le monde infini , à savoir que la manifestation de l'homme, dans le temps et sur la terre, aura cessé. Mais quels que soient les systèmes philosophiques que nous ayons embrassés, ou les croyances dans lesquelles nous soyons nés, toujours il est vrai de dire que la Genèse n'a reçu aucun démenti par nos découvertes modernes. La suite de nos méditations nous offrira au contraire bien des sujets d'affirmer la Genèse, et nous y trouverons sans contestation l'histoire primitive du genre humain écrite dans un langage mythique et général dont le voile mystérieux commence à se soulever. En effet nqus marchons vers un temps où l'identité des cosmogonies sera prouvée. Déjà nous savons qu'il y a, dans tous les>
cas, des traditions irréfragables ; et ces traditions, uniformes lorsqu'on vient à les comparer, ne différant les unes des autres que par quelque chose d'analogue à la différence des langues, indiquent qu'à une époque très reculée, l'histoire primitive du genre humain a été connue, du moins dans ce qui n'excède pas les limites de la sphère où se meut notre intelligence. Sommes-nous destinés à refaire cette histoire à force de travaux et de méditations? Sommes -nous appelés à recomposer avec mille douleurs la science perdue? Nos anciennes facultés instinctives nous seront-elles rendues, ou bien aurons-nous le moyen d'y suppléer? et de plus, l'acte de la création est-^il un acte éternel? Y a-t-il une opération continue et infinie sur la matière, qui tende perpétuellement à l'organiser et à l'animaliser, j usqu'à ce que chaque molécule ait participé de quelque manière à la vie? Reste toujours l'impénétrable mystère de la vie dans tous les degrés de l'organisation.
Résumons quelques faits nouveaux dont viennent de s'enrichir la physiologie et l'histoire naturelle. En prenant notre point de départ dans l'animalité seulement , les formes embryonnaires des classes supérieures, permanentes dans les classes inférieures , et transmissibles dans cet état d'infériorité. Image et mythe. L'homme , dernier terme du progrès de l'organisation, après en avoir