TROISIÈME PARTIE
champ de la discussion actuelle, si prodigieuse- Tuent agrandi. Tout en blâmant avec les égards que l'on doit à une vive conviction et à un talent du premier ordre; tout en blâmant, dis-je, quelques formes d'une éloquence souvent exaspérée, sachons gré toujours à l'auteur d'une doctrine imposante par elle-même, d'avoir su se placer courageusement au-dessus des susceptibilités d'une orthodoxie étroite et ombrageuse. La cause est soustraite à la juridiction des écoles; c'est du genre humain qu'elle ressort à présent, puisque c'est devant lui qu'il y a appel. Nul n'est plus disposé que moi à reconnaître la compétence de ce tribunal auguste, resté dépositaire des traditions et des promesses. Ailleurs je viendrai assister et peutêtre me mêler à ce grand débat qui doit, de jour en jour, prendre plus de solennité. Continuons.
Pourquoi l'homme a-t-il besoin d'expérience pour toutes les idées qui le font homme; et pourquoi les animaux n'en ont-ils pas besoin pour être complets en ce qu'ils sont?
L'homme, comme être intelligent, est tenu aux .lois de l'intelligence; comme être physique, il subit les lois de l'organisation physique.
Une des choses qui distinguent l'homme de la brute, c'est, dans l'homme, la faculté d'enfreindre la loi de son être.
L'homme ne peut s'étudier lui-même, que lors-
que de grandes expériences sont acquises par la multitude des faits. Il ne peut se connaître qu'en connaissant les autres.
Dans le huitième livre d'Orphée, l'un des hiérophantes de l'initiation dit que les animaux sont, en quelque sorte, des organes ajoutés à ceux de l'homme; ce n'est point assez. Le dogme de la métempsycose, comme tous les dogmes absolus dans les fausses religions, est une vérité défigurée. Je dis fausses religions, pour désigner celles qui affirment un emblème à l'égal d'un dogme, genre de nuage qui, sans doute, était dissipé, du moins en partie, pour les initiés, dans les Mystères.
Considérez l'action magnétique de l'homme sur les animaux. La pensée humaine agit en eux, fait violence à leurs instibcts naturels. Le Lapon parle à l'oreille du renne. Les différentes espèces de chiens trahissent, pour l'homme, leurs appétits et leurs propres espèces. Us deviennent l'homme même. Le cheval fait partie de son noble maître, et s'enflamme de ses passions.
Les animaux ne sont point destinés à s'élever jusqu'à la sphère de l'homme; mais, s'il est permis, d'employer une telle expression, ils sont destinés à être absorbés par lui. Ils sont sans individualité, sans spontanéité, et néanmoins le principe immatériel qui est en eux ne peut être anéanti. Y aurait-il une loi cosmogonique perpétuelle, en vertu