PREMIÈRE PARTIE. 4i
cile établissait déjà la communauté des Éthiopiens et des Égyptiens, sous ce rapport; n oublions pas l'identité non moins remarquable des idées métaphysiques qui reposent au fond des doctrines indiennes avec celles qui sont enfermées dans les écrits de nos théosophes modernes, quoique certainement aucun de nos théosophes, c'est-à-dire, aucun de ceux qui ont commencé l'ère actuelle, n'ait connu l'esprit, peut-être même l'existence de ces doctrines. C'est depuis bien peu d'années que ce sol primitif commence à être fouillé avec un esprit de critique religieuse. La première identité, ainsi qu'une multitude d'autres rapports, est due, nous ne pouvons en douter, à l'origine commune de toutes les familles humaines ; la seconde, aux idées pythagoriciennes et platoniciennes, puisées aussi à une source commune, qui se sont mêlées immédiatement à la grande pensée du christianisme, et qui lui ont préparé les voies chez les nations païennes. Toutes ces identités, au reste, toutes celles qui peuvent se présenter à l'esprit du lecteur, ne sont peut-être autre chose que les formes mêmes de l'intelligence humaine manifestées diversement selon la variété des langues, qui sont, ainsi que je l'ai dit ailleurs, une sorte de cosmogonie intellectuelle; ajoutons-y maintenant l'analogie et l'identité des cosmogonies, dont nous parlions tout-à-l'heure ,
VOl. I.
ce qui est toujours le même fait. Enfin, l'uniformité des emblèmes astronomiques, et la conformité des divers calendriers entre eux, sont un signe toujours subsistant des traditions primitives du genre humain.
En effet, les planisphères sont non seulement identiques, ils sont semblables. Le planisphère est un livre qui contient les éléments des connaissances traditionnelles : ceux qui l'ont écrit, en ont fixé les caractères symboliques dans le cieJ , parceque tout périt sur la terre; de plus, il paraît qu'il a été écrit immédiatement après le déluge. Qui a écrit ce livre? Noé, Thot, Atlas, sans parler ici des personnifications indiennes, représentent également cet âge où viennent se confondre et se perdre toutes les origines du genre humain sauvé des eaux.
Cette idée si primitive de placer dans le ciel , je ne dirai pas l'image ou le mythe de ce qui est sur la terre, mais de prendre possession du ciel même, cette idée, qu'on peut croire antérieure à toute institution sociale, méritera tous nos étonnements. Ainsi le temple augurai, circonscrit par le lituus, ne reposait point sur le sol; et il n'était que le souvenir sacré d'une chose plus primitive encore. J'expliquerai ailleurs, dans ce sens, le péplum de Minerve à Athènes, et la courtine du temple de Delphes. J'expliquerai aussi que la