PREMIÈRE PARTIE
bande Zodiacale fut le lieu des apothéoses; que l'état de cette zone a été, pour les anciens, la représentation de l'état social même; que, en dehors, étaient placés les types des sociétés détrônées, les êtres allégoriques en qui fut personnifié le passé du genre humain; et cette observation, que je crois entièrement nouvelle, nous ouvrira la voie pour étudier ce que j'appelle les mythes civils. Mais ce qui est non moins merveilleux, c'est que les limites des peuples, et même les bornes des héritages furent fixées dans le ciel avant d'être marquée ssur la terre. Ce fut là aussi que le patriciat romain voulut placer la source de son droit.
Ajoutons ici renonciation de deux faits qui sont l'un et l'autre de la plus haute importance.
Les cosmogonies commencent toutes par le récit de révolutions opérées dans les royaumes de l'intelligence, et ces révolutions dues, par conséquent, à des substances intelligentes.
Les généthliaques et les astrologues, si anciens dans le monde, dont la science tient à des traditions si primitives, appliquèrent toujours les mêmes formules aux peuples comme aux particuliers. Lorsque le plus savant des Romains, Varron, voulut fixer d'une manière certaine l'époque de la fondation de Rome , le résultat qu'il obtint de ses longues et laborieuses recherches,, se trouva
coïncider parfaitement avec le jour assigné par un astrologue, qui avait construit son thème fatal , indépendamment de toute science chronologique, et en appliquant à cette ville les régies assignées pour composer la destinée d'un homme.
Il ne serait peut-être pas difficile de laisser entrevoir ce que nous sommes en droit d'attendre des efforts parallèles qui se font à présent pour éclairer les merveilles de la filiation des langues , et pour étudier les monuments géologiques du globe. Il serait moins facile de constater ce qu'il y a d'incomplet dans nos connaissances actuelles, car il faudrait consigner, en même temps, les motifs légitimes de nos espérances à cet égard, et sur-tout assigner les bornes qu'il nous sera toujours impossible de franchir : tout cela serait peu conciliable avec le cadre de considérations aussi générales que celles-ci, et avec mes propres ignorances que je n'hésite point à confesser. Au reste, les différents travaux que de telles investigations rendent si nécessaires pourraient être fort facilités par une discussion approfondie et lumineuse des documents qui nous sont parvenus sur les premiers siècles de notre ère, et dont le nombre est beaucoup plus grand qu'on ne croit; il serait temps aussi de ne pas s'en tenir uniquement aux I traditions latines et grecques ; nous ne devons pas, non plus, perdre dé vue que c'est de l'Orient que