PREMIÈRE PARTIE
arriver aux croyances, il faut d'autres moyens et d'autres forces que le fer et le feu. La persécution peut faire des lâches et des apostats ; elle ne peut rien sur l'intimité de la conscience; elle ne peut produire une conviction. Lorsque le christianisme parut, l'univers était dans la paix, mais dans la paix de la servitude. Il vint troubler cette paix qui était la paix des tombeaux ; il réveillait dans l'homme toutes les facultés nobles et généreuses de sa nature. Les pouvoirs de la société s'alarmèrent tous en même temps. On n'a pas assez remar- / que que les princes bons et les princes méchants \ vinrent à s'entendre pour chercher à l'anéantir : (
Titus et les Antonins furent aussi atroces que /
Dioclétien. Le christianisme est resté debout mal- \ gré tout ce qu'on a feit pour le renverser ou pour le comprotnettre.
Mais tout en suivant la série de nos idées, nous ne devons pas négliger les enseignements qui s'offrent à nous, et qui peuvent s'appliquer à notre temps. Il est évident que le dix-neuvième siècle est las du funeste héritage que lui a légué le siècle / précédent. Il cherche à se dégager de ce suaire d'incrédulité dont il est encore à moitié enveloppé. Il veut entrer dans le christianisme; et comme, ainsi qu'il en est averti par son propre instinct, et qu'il serait facile de le démontrer, les véritables traditions chrétiennes, jamais séparées des tradi-