PREMIÈRE PARTIE. 5i
* dissent comme les individus, et le genre humain grandit aussi.
Les périodes cycliques ont été appliquées aux révolutions de l'univers et aux révolutions du genre humain. Les phénomènes du monde physique, et ceux du monde moral ont été liés dans la pensée des pères de la race humaine. Le monde intellectuel a ses lois comme le monde physique a les siennes. Toute l'antiquité, par ses monuments, par les usages qu'elle nous a transmis, est pleine de cette analogie et de cette identité: c'est donc une forme primitive de l'esprit humain.
Je me suis un peu écarté de mon sujet; j'y reviens.
Les matériaux qui nous manquent, et que les siècles avaient entassés, seront retrouvés ou devinés , lorsque nous serons sortis de l'état de transition qui exige, en ce moment, l'emploi de toutes nos forces morales; on les retrouvera, comme on parvient à déchiffrer des hiéroglyphes, comme on parvient à lire, par les étymologies, dans les débns d'une langue qui a péri sans laisser de monuments, comme on parvient à reconstruire l'ancien monde par des détritus et des fossiles, comme j'espère moi-même retrouver un jour la raison de la société romaine dans des fragments épars, rongés par la rouille des siècles. Lorsque les expositions des systèmes ou des doctrines n'existent
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plus, il reste encore quelques unes des objections qui ont été faites dans le temps de la controverse; il reste, au moins, les outrages et les calomnies du parti qui a vaincu, il reste enfin ses chants de triomphe. On suit la route du char, à la trace incertaine qu'il a laissée sur la poussière. L'esprit humain est toujours en quête de la nourriture qui lui est nécessaire, et il la trouvera toujours. Il se guide admirablement par l'instinct qui est en lui, et que Dieu lui a donné.
J'avais encore à faire remarquer combien fut forte et puissante l'organisation des premières sociétés humaineSi.Dr, comme la limite des temps historiques est ffiès voisine de nous, sur-tout si nous restons toujours en-deçà des traditions transformées, si nous prenons ces traditions pour notre point de départ; et, comme il est prouvé qu'il faudrait des siècles entassés aur des siècles, pour produire une con texture si savante, une si grande cohésion dans l'accord de tant de volontés régies par les mêmes lois, je ne puis me refuser à admettre le fait divin pour les premières associations humaines. Il est bien certain que la doctrine du contrat ou de la convention est inapplicable à ces premières associations, et, par conséquent, qu'elle est inapplicable d'une manière absolue. De plus, elle est historiquement fausse, et cela ne pouvait être autrement. Je me suis assez expliqué, à cet