DEUXIÈME PARTIE
Dans ce passage de TOrient à rOccident, de l'Asie à rEuropejJUXMïf moment, la perspective change, et tronip&>çur les plans de la scène que le poëte voudrait peindre, que l'historien voudrait retracer. D'une part, cette direction de la poésie primitive à tout vouloir tourner en allégories, ou plutôt à vouloir constater le fait providentiel ou fatal au lieu du fait humain, c'est-à-dire à remonter de l'effet à la causer d'une autre part, cette disposition des peuples à localiser, chacun chez lui, les mythes étrangers, et à se les approprier par la transmutation des noms, des lieux, et des temps, ont fait un brillant chaos qui se refuse à la lumière philosophique de . notre temps , mais oui réside cependant une grande lumière, où se trouve un grand foyer de croyances. C'est ainsi que les aventures arrivées à des personnages mythologiques, et qui furent des types d'allégories, furent appliquées ou attribuées à des personnages héroïques, c'est-à-dire demi - historiques ; c'est ainsi qu'une des premières expéditions nautiques, celle des Argonautes, pour les Grecs, a été l'emblème d'une révolution astronomique. C'est ainsi que les divers planisphères ont été, à-la-fois ou tour-à-tour, des archives hiéroglyphiques des auy nales du genre humain, des pages d'un poëme cosmogonique. C'est ainsi, et seulement ainsi, que s'expliquent Hercule, Osiris, Bacchus. La Thébes
de Bëotie est une ville symbolique aussi bien que Troie; cependant ces deux villes ont réellement existé. Les Dioscures, divinités cabiriques, et par conséquent pélasg^ennes , sont devenus les deux frères d'Hélène; Hélène elle-même, avant d'être la perfide épouse de Ménélas, fut un emblème de la lune. Mais je n'ai point à faire l'énumération des personnages, des lieux, des villes, qui sont incontestablement identiques, pour la vue de l'esprit, et qui dififèrent, quant à l'existence historique, chronologique, géographique, et astronomique. J'aurai trop souvent occasion de m'en occuper, par la suite, pour qu'il soit nécessaire d'entrer ici dans les détails, de chercher à concilier les écrivains qui ont embrassé le système historique, et ceux qui se sont efforcés à faire entrer les faits dans un système allégorique. Tous ont raison, lorsqu'ils ne veulent pas s'exclure mutuellement.
Voici néanmoins quelques explications sur ce sujet, et ces explications peuvent être considérées comme des points de doctrine :
Un type de l'homme, c'est Thomme même, l'homme d'un temps, l'homme accomplissant une mission providentielle. Hercule, c'est tout l'homme, l'homme défrichant la terre, se l'appropriant par la culture, assainissant les marais formés par la retraite des eaux après quelque grand cataclysme, c'est l'homme enfin domptant les forces rebelles