‹ Essais de palingénésie sociale (volume 2)Chapitre 50 sur 122 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

J'ai fait connaître ce que je pense sur le génie de Virgile, sur le genre d'inspiration qui lui fut départi ; j'aurais beaucoup de choses à ajouter, qui se trouveront ailleurs. Qu'il me suffise, quant à présent, de répéter que ce grand poëte fut l'historien de la cité, comme Tite-Live fut l'historien de la ville; seulement ils sont venus l'un et l'autre bien tard recueillir pour la première fois des traditions. Aussi Virgile ne parle-t-il que d'un léger souffle de renommée; et c'est en son nom qu'il chante

Le résumé d'histoire romaine qui me sert de formule générale , se compose d'une série de faits à peine aperçus dans les histoires écrites par les auteurs latins eux-mêmes, et par les auteurs grecs qui ont consacré leur vie à cette étude , parcequé trop livrés au soin de débrouiller d'anciennes tra-. ditipus ou d'obscures annales pour y chercheriez événements quelquefois épars et sans liaison, plus ou moins exactement consignés, en composer une Sruite, un ensemble, et leur donner de la vraisemblance, ils se sont peu occupés de la raison profonde, inûme, mystérieuse , qui a dirigé les événements eux-mêmes, qui les a développés, qui les a fait naître les uns des autres; et pourtant ce^ événements ont toujours marché avec un ordfç invariable, avec une régularité constante, comme dirigés par une intelligence unique, cette haute intelligence qui accomplit un plan, qui réa-

lise un dessein , qui, dès le commencement d une chose, en sait parfaitement la fin. Dans les données de la Providence, il n'y a point d effet sans cause; les affaires humaines sont contingentes, maïs elles ne sont ni fatales ni fortuites.

Nos publicistes français, de même que les écrivains nombreux qui ont embrassé l'histoire romaine tout entière, ou qui en ont traité les différentes parties séparées, non plus que les antiquaires, n'ont aperçu, ni les uns ni les autres, la série des faits , tous dépendants d'un fait primitif, et que je me propose de signaler; il était tout simple qu'ils fussent égarés par l'inadvertance des historiens anciens, par leurs^passions, par leurs préjugés, par des sentiments de nationalité ou d'esprit de parti, par la confusion des idées. Mais cette série de faits, dont j'avais eu la conviction bien avant d'en avoir eu la certitude, avait été fortement pressentie par plusieurs jurisconsultes napolitains du siècle dernier : leurs ouvrages, que j'ai connus depuis, ont pleinement confirmé toutes mes conjectures; j'y étais parvenu par la force des analogies, par la liaison et l'ensemble de mon système sur les origines sociales, et il m'a été permis d'aller ensuite beaucoup plus loin. Je me bornerai à citer Vico, parcequ'il est le premier, parceque son nom, qui vient à peine de ressusciter en Italie, est déjà répandu en Allemagne, et com-

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