‹ Essais de palingénésie sociale (volume 2)Chapitre 63 sur 122 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

clamations du dernier siècle contre le tien et le mien ne peuvent soutenir le regard de la raison , malgré le secours que l'éloquence de Rousseau a daigné leur prêter. L'homme fait le sol; la terre, c'est lui.

Le langage, la société, la propriété, sont choses identiques.

Le patricien primitif fut celui qui, le premier, parvint à la connaissance de ces choses identiques ; car, pour l'homme, connaître, c'est avoir la notion intime de l'existence, le pouvoir de développer ses facultés: une telle connaissance, fondement de l'être, le patricien voulut toujours se la réserver comme droit perpétuel et incommuniquable.

Le plébéien primitif fut celui qui, arrivé après le partage primitif, ou, en d'autres termes, après la preiliîère loi agraire primitive, qui était une loi agraire patricienne, fut reçu dans l'asile primitif, aux conditions imposées par le patricien primitif.

Ainsi le patricien primitif fut l'homme-^nc/w^^ c'est-à-dire l'homme identique avec le sol; et l'on connut, dans le monde, des peuples autochtonesi^ des peuples^ndi. Le patricien primitif, seul, eut des aïeux, parceque seul il eut le mariage légal ; lui seul eut la propriété, parceque seul il eut des enfants certains pour la leur transmettre; lui seul eut des tombeaux, parceque la terre appartenait

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à lui seul. Les héritages et les tombeaux sont le même fait et le même droit.

Le patricien primitif ne put trouver que dans le ciel la source mystérieuse de sa race, et les limites de la propriété furent également tracées par lui dans les espaces du ciel. Propriété et mariage sont une même loi , qui fut une loi divine, avant d'être une loi humaine.

Le plébéien primitif, par sa force physique, aida le patricien primitif dans cette première lutte, qui fut si terrible, de l'homme contre les éléments : tel fut le grand labeur du défrichement primitif, après la retraite des eaux, ou, selon la contrée^ après la conflagration des volcans ; car, dès qu^une portion de terre put être rendue habitable par le travail de Thomme, l'homme vint la disputer aux éléments , et la féconder de ses sueurs. dLe plébéien primitif eut donc à conquérir une demeure fixe sur le sol primitif arraché, en quelque sorte, par son bras , à la puissance du cahos ; mais avant d'obtenir l'héritage , il dut obtenir la famille. La conquête, les colonies, à des époques postérieures, remplacèrent, par d'autres combats, ces combats primitifs contre les forces de la nature. Nous ne parlons ici que de l'âge oîi notre globe fiit livré à l'homme pour qu'il en fît son domaine, au prix du travail.

L'antique marque de réprobation , attachée à

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