‹ Essais de palingénésie sociale (volume 2)Chapitre 64 sur 122 · DEUXIÈME PARTIE. i5i · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. i5i

la reproduction de Thomme, dont nous ayons signalé le sentiment profond, dans toutes les traditions cosmogoniques , cette marque avait été effacée, pour le patricien primitif, par la sainteté da noeud conjugal^ le plébéien primitif ne pouvait pas continuer de se perpétuer sous le poids de Tanathème originel; il devait, à son tour, s'approprier la dignité humaine.

• Je disais tout-à-Vlieure que le langage, la société, la propriété, sont choses identiques,, et, en m'^exprimant ainsi, j avais en vue le sens le plus général. Maintenant il serait bon de distinguer la parole et le langage. Je vais tâcher de me faire comprendre. Dans les célébrations religieuses,, il étaKt recommandé aux profanes, c'est-à-dire aux plébéiens^ de se taire; et, chez les premiers Romains ^Jie: client ne pouvant, par lui-même, donner la sansetion tégale à une formule dont cependant il était lobjet, était tenu de s adresser à son patron, qui la prononçait pour lui. Le client uétait. cpielque chose que par son identification avec La personne du patron« U n'avait point de nom à hii; la nom. seul de son patron était le sien. C'est ainsi^ seulement que le plébéien put. user du vote , lorsqu'il fit sa première invasion dans la sphère sociale; c'est ainsi encore que, pour la validité de son union avec une femme, union qui ne fut pas d'aboird le mariage solennel, le mariage produi-

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sant des effets civils , le client empruntait le caput, la tête civile de son patron, en d'autres termes, la force virtuelle représentée par le nom qui seul communiquait la faculté de contracter un engagement. Ulysse, en qui nous avons reconnu le plébéien primitif, répond au cyclope qu'il n'est personne, c'est-à-dire qu'il n'a pas le nom civil. Le cyclope, relativement à Ulysse, est un patricien.

La parole, la liberté personnelle, la liberté civile, forment donc différents degrés de l'évolution plébéienne; et ces degrés, souvent confondus entre eux, sont quelquefois difficiles à distinguer les uns des autres : c'est dans le mythe seulement qu'on les trouve bien marqués.

Le plébéien, après avoir lutté contre les éléments, lutte contre les institutions primitives; l'émancipation successive est le prix de cette lutte, condition nécessaire et providentielle de tout progrès. L'homme est donc tenu de faire le sol,^ de faire sa propre intelligence.

Le patricien d'une époque fut le plébéien de l'époque iprécédente: ainsi le patricien d'une époque historique fut le plébéien d'une époque héroïque, et le patricien d'une époque héroïque fut le plébéien d'une époque cosmogonique ; car, tout est succession, développement, progrès dans la marche des destinées humaines. Pour nous les expressions patriciens primitifs et plébéiens pri-

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