‹ Essais de palingénésie sociale (volume 2)Chapitre 76 sur 122 · DEUXIÈME PARTIE. ijS · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. ijS

lui est extérieur. C'est tout un homme que Dieu juge. Les Perses, sans doute, n'étaient pas plus que nous habiles à une si haute magistrature. Aussi ne se servaient-ils pas de ce genre d'appréciation pour diminuer le mérite des bonnes actions. Leur loi était donc une loi de miséricorde, et non une loi de justice rigoureuse pour tous. C'était le vrai motif, qui est aussi la véritable raison de l'amnistie, et du droit de faire grâce ou de commuer la peine.

Cependant, je pense qu'il y a un progrès à faire dans cette ligne d'idées, et que les réformes de notre législation criminelle ont grand besoin d'être éclairées par une pensée si humaine. 11 en résulterait le principe d'une théorie de peines et de récompenses , théorie fort belle et fort sociale, mais ({ui, en ce moment, doit nous être étrangère.

Finissons par cette réflexion. Il ne peut y avoir expiation par le châtiment, que lorsque le coupable lui-même acquiesce au châtiment. Dieu sans doute veut qu'il en soit ainsi pour sa propre justice, car il veut le progrès. Si le coupable peut, quelquefois ici bas, chercher à s'y soustraire, ailleurs, il s'y soumet. Platon avait donc tort de croire à l'efflcacité du châtiment comme châtiment. Ce beau génie, qui s'est souvent élevé si haut, n'avait pas encore compris que la peine du crime ne peut

effacer le crime qu'à la condition que le criminel accepte la peine. M. de Maistre est tombé dans la même erreur que Platon. Aurait-il donc mal interprété le dogme du Médiateur, tel que Fa proclamé la foi chrétienne? Je ne reculerai point devant cette question théosophique, lorsqu'il en sera temps.

SUITE DE LA DEUXIÈME PARTIE

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