‹ Essais de palingénésie sociale (volume 2)Chapitre 75 sur 122 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

lateurs et sans magistrats, sont plus fortes que leurs passions déchaînées, plus fortes que les supplices, que la mort. Les brigands de Rome ont, de plus, un culte; mais, pour ceux-là, il faudrait se livrer à tout un ordre de considérations étrangères au. sujet qui nous occupe. en ce moment. Nous ne voulons parler que des malfaiteurs,, tels qu'ils sont dans toute. société organisée et pleine de vie. Ils choisissent, en quelque sorte, la société particulière dans laquelle ils veulent vivre. Choisissons pour eux, et prenons, s'il le faut, dans leur propre code, les principes de leurs lois nouvelles, des lois d'exception que nous devons leur donner, car ces principes sont ceux . même des institutions primitives.

Mais nous n'en aurons pas besoin , car avec la loi morale que nous sommes dans l'heureuse. nécessité de commencer par consulter, nos institutions, ou plutôt, leurs institutions doivent être déjà une émancipation , un pas vers toutes les initiations à-la-^fois. D'ailleurs, on n'invente pas. des traditions.

Lorsqu'une civilisation recommence, et c'est le cas où nous nous trouvons, elle recommence avec ua élément de plus j avec l'adoption d'un plus grand nombre d'hommes à la communion sociale. Les études géologiques nous. fourniraient un emblème de cette, sorte de succession; on pourrait

ajouter encore, que ce qui se passe sur ia terre , aux différents âges du genre humain , est un emblème des hiérarchies de l'autre vie. Qu'il nous suffise de dire que l'élément chrétien est, pour nous, cet élément de plus, qui désormais doit faire partie de toute nouvelle société humaine.

Il s'agit maintenant, comme une des consé*quences les plus importantes du christianisme, d'abolir à jamais cette doctrine qui a trop longtemps régné sur la terre, doctrine qui consiste à croire que le châtiment doit êti'e infligé pour l'utilité de l'association. Le temps est venu de créer dans les esprits cette autre pensée, laquelle doit, à son tour, gouverner les peuples, à savoir qu'il est moral, qu'il est généreux, qu'il est vrai, qu'il est juste enfin de prendre l'utilité du prévaricateur pour base de nos lois répressives. Abolissons aussi à jamais cette autre fausse et funeste pensée de l'exemple , qui a également régné si long-temps, et régné par les supplices.

Dans la législation des Perses, avant de condamner un homme, il fallait mettre en balance les services rendus par le coupable , antérieurement au crime pour lequel il était accusé, et les mettre en balance avec le crime lui-même. La justice de Dieu juge l'ensemble d'une vie, parceque Dieu sait ce qu'est chaque homme, chaque créature individuelle, indépendamment de ce qui

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