DEUXIÈME PARTIE. i8i
Ce n'est point une révélation nouvelle que nous devons attendre, mais peut-être nous est-il permis de compter sur une dernière forme d'initiation. Le {j^énie audacieux du Dante suffirait à peine pour nous faire pénétrer dans la cité mystique située au centre de la Ville des Expiations ; mais je suis tenu seuletaent à manifester du siècle futur ce qu'il m'a été donné d'y entrevoir. Nul ne peut aller au-delà de ses propres facultés. Chaque abeille fait sa petite alvéole, et l'harmonie des travaux produit la ruche.
SUITE DE LA DEUXIÈME PARTIE
Prolégomènes de VÉlégie.
Je me suis assez expliqué sur les fables de l'antiquité, et sur lès traditions générales dispersées chez tous les peuples, empreintes dans toutes les langues. J'ai donné à comprendre ce que nous devons espérer des progrès de l'archéologie, de la symbolique, de l'exégèse, de la philologie, et de la géologie, pour une histoire vraie du genre humain, antérieure aux temps historiques. Telles sont les Muses qu'il faut à présent invoquer, pour qu'elles nous initient dans les secrets des traditions primitives et des histoires antiques; elles
i82 PALINGÉNÉSIE SOCIALE.
nous ouvriront non seulement de nouvelles sources de poésie, mais elles étendront encore l'horizon de nos croyances.
C'est ainsi que nous pouvons reconquérir nos facultés intuitives, retrouver cette brillante synthèse qui fut, à l'origine, le flambeau des intelligences.
Revenons un peu sur nos pas, pour mieux saisir l'ensemble de mes idées.
J'ai dit l'inspiration qui a produit l'Orphée: c'est la même qui a produit le reste de la Palingénésie, puisqu'elle est fondée tout entière sur la même pensée et le même sentiment. Tout y est identique.
J'ai pris, ainsi que je l'ai fait remarquer, la Grèce primitive telle que les poètes et les philosophes nous l'ont donnée, c'est-à-dire comme une civilisation transmise. Les prêtres de l'Egypte disaient à Platon : Vous autres Grecs, vous êtes d'hier.
Orphée , l'Hercule thébain , Thésée , étaient contemporains , d'après des traditions avouées par ces peuples, qui, au reste, avaient consenti à ne dater réellement que des Héraclides, et dont la seule ère incontestée soit celle des olympiades, bien différents des autres peuples qui ne croyaient jamais entasser assez de siècles pour voiler leur origine. C'est donc toujours aux Héraclides qu'ils