‹ Essais de palingénésie sociale (volume 2)Chapitre 93 sur 122 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

expliqué de nouveau sur les ruines du temple , le peuple d'Israël brisant des liens illicites, renvoyant des épouses qui ne lui avaient pas été données par la loi de ses pères, tenant dune main Ja truelle, et de l'autre le glaive, pour relever et défendre à-la-fois ses murailles démolies par de barbares vainqueurs: tant les analogies incomplètes ne servent qu'à tromper les hommes, et à fasciner les esprits les plus élevés! Mais c'était la patrie qu'Esdras faisait sortir du tombeau; c'était une proie qu'il ravissait à l'étranger. Qu'eût-il dit, cet homme d'un autre âge, s'il eût vu, quelques jours après, la Grèce, soulevant d'elle-même le poids de ses fers, et cherchant à se rajeunir, après tant de siècles de l'oppression la plus ignominieuse! Ainsi les deux grandes métropoles du monde moderne, de l'Europe chrétienne, Rome etConstantinople, se trouvent, à-là^^fois, battues parles flots d'une mer inconnue, les flots d'une civilisation naissante, d'une civilisation à qui l'avenir est promis. Le prophète du passé s'est endormi la veille du jour solennel, il s'est endormi au sein de ses souvenirs, qu'il prenait pour des prévisions; et les réalités de son temps ne lui ont été révélées qu'avec les grandes réalités des pensées éternelles. Mais n'a-t-il pas dû éprouver quelque doute, lorsque sa tête reposait sur l'oreiller de son lit de mort? N'avait-il pas eu le temps

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