‹ Essais de palingénésie socialeChapitre 151 sur 221 · LIVRE SEPTIÈMlS · texte numérisé non relu

LIVRE SEPTIÈMlS

preinte de chacun de ses pas. Ainsi la solitude envahit de nouveau le lieu qui fut, un instant, habité par lliomme. Le désert, rendu à son antique énergie, fait des conquêtes bien plus rapides, et lair imprégné de qualités mortelles, étend le domaine du désert. Les bêtes sauvages reviennent placer leurs tanières dans les sombres retraites doù elles furent chassées. Des reptiles immondes rampent sur les débris des arts. Des marais remplacent les fontaines jaillissantes, les canaux limpides. Contrée de Misraïm, contrée florissante qui as mille raisons d'être fière de toi-même, contrée de Misraïm , puisses-tu être toujours ce que * tu es à présent , la terre des merveilles ! Puissestu être toujours Fimage réfléchie du ciel et de la^L^ terre ! Puisses-tu être toujours une manifestation de la puissance de Fhomme !

Le musicien se taisait. Un des prêtres, prenant la parole, dit : Honneur, sans doute, à FÉgypte, lainée des nations dans les arts qui civilisent lliomme! Honneur, sans doute, aux nobles facultés qui résident dans Fhomme ! Honneur à la pensée de Fhomme , qui est un dieu en lui ! Hon-> neur à la parole, qui n est que la pensée devenue sensible à celui qui la forme, et à ceux en qui il veut la créer, lien mystérieux des intelligences humaines! Mais songeons au néophite qui vient s asseoir parmi nous ; et , tout en exaltant les choses

propres à enorgueillir Hiomme, ne taisons point celles qui sont propres à Thumilier. Faisons connaître ses misères aussi bien que ses grandeurs.

Ah! s'il m'était permis de parler, me hâtai-je de dire, je suis assez instruit sur les misères de l'homme ! Vous ne pouvez douter de ma science à cet égard.

Et toutefois, médit un prêtre, ta science n'est pas grande. Si tu avais pu rencontrer Orphée, s'il t'avait instruit de sa doctrine, lui qui fut appelé à guérir l'infirmité de la nature humaine, il t'aurait appris ce qu'est cette infirmité; il t'aurait enseigné ce qui est à guérir dans la nature humaine. Les sexes, les classes s'expliquent par des dogmes cosmogoniques; l'union conjugale et les lois de la société reposent sur la connaissance de ces dogmes. Tous les hommes, quel que soit le rit de l'union à laquelle ils doivent la naissance, quelle que soit leur place dans le monde de l'humanité, tous les hommes ont un problême à résoudre j et c'est le problême des races , des peuples, de l'espèce. Les Barbares ne t'ont pas dit leur secret : ne t'en étonne point , ils ne pouvaient te le dire; tu le sais à présent mieux qu'ils ne le savent eux-mêmes, parcequ'il est des mystères déposés dans les traditions, à l'insu de ceux qui en sont dépositaires. Talaon représente, pour toi, le barbare savant; iEagrius est le barbare

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