‹ Essais de palingénésie socialeChapitre 153 sur 221 · LIVRE SEPTIÈME. 25i · texte numérisé non relu

LIVRE SEPTIÈME. 25i

sons à chaque homme en particuHer, à chaque famille, à chaque peuple, est celui-ci : Connaistoi toi-même. Le commencement de tout progrès pour lliomme seul, aussi bien que pour une réunion d'hommes, est de se connaître soi-même. C'est là que réside le principe de la responsabilité.

Mais pourquoi cette nécessité du perfectionnement, imposée à lliomme? Pourquoi, sur-tout, cette nécessité ressemble-t-elle tant à une expiation? L'homme aurait-il été créé imparfait, ou serait-il descendu, par sa faute, du rang où il aurait été originairement placé? Je dois te le dire, Thamyris, ton esprit, tout préoccupé par ce que tu as déjà entendu de nous n'est pas assez préparé, ni le nôtre assez vaste pour comprendre la raison de l'épreuve et de l'expiation. Le voile brillant de Fépoptisme ne saurait cju'offusquer tes yeux, car les nôtres en sont toujours éblouis. Et cet époptisme même en cache un autre qui nous est interdit à nous aussi bien qu'aux néophites. Tout ce que nous pouvons faire, Thamyris, c'est de nous arrêter avec eux devant l'obscurité immense, de contempler ensemble les ténèbres augustes.

Un autre prêtre raconta ensuite l'histoire du phénix, histoire conservée dans les anciennes traditions du temple d'Isis.

L'époque de la mort et de la résurrection du

phénix était arrivée. Les fils d'Uranus sont rassemblés autour de lui par leur père, qui leur donne ses ordres en ces mots : Vous avez souvent entendu parler d'un oiseau merveilleux, père et fils de lui-même. Le jour approche où, sur la montagne sacrée, cet oiseau, unique dans le monde, construit son tombeau avec d^s bois odoriférants jx)ur y être consumé, et renaître, à Finstant même, de ses cendres immortelles. Ma noble race a le droit d assister à ces funérailles sans mort. Mais un seul d'entre vous peut prétendre à une telle gloire, car le phénix se retire dans un bocage gardé par de vénérables prêtres qui n'y laissent pénétrer qu'après des épreuves. Allez, mes fils, celui de vous qui aura été jugé digne de voir le phénix héritera de ma couronne. Ainsi parla Uranus; ses fils, s'inclinant avec respect, partirent pour se rendre à la montagne sacrée. Ils entrent dans le sanctuaire; et là, cette énigme leur est proposée :

Y a-t-il sur la terre un être qui réunisse les qualités bonnes et mauvaises de tous les animaux, dont le regard plonge dans le soleil comme celui de laigle, dont la poitrine généreuse méprise le danger comme fait le lion, qui ait la férocité du tigre, le dévouement du chien, la ruse dii serpent, l'industrie de l'abeille, la prudence de l'éléphant, la patience du chameau, l'innocence de

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