‹ Essais de palingénésie socialeChapitre 154 sur 221 · LIVRE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE SEPTIÈME

la blanche colombe, la prévoyance de la fourmi? Y a-t-il un être qui marche tantôt sur quatre pieds, tantôt sur deux, tantôt sur trois, et qui soit d autant moins assuré dans sa démarche, qu il semble être mieux appuyé? Y a-t-il un être qui n'ait quune voix, qui ne prononce qu un cri, et qui se fasse entendre de tous les animaux, qui soit compris en même temps de tous ses semblables, s'il en a? Un tel être rampe-t-il sur la terre, s'agite-til au sein des eaux , ou vole-t-il dans les airs ?

Le prêtre s'arrêta pour m'interroger des yeux, et savoir si j'avais saisi le sens de l'énigme qui avait été proposée aux enfants d'Uranusj puis, me voyant perdu dans la méditation , il continua en ces mots :

Tous les fils d'Uranus restèrent dans le silence. Un seul, ce fut Bélus, prenant la parole, dit :

Le grand-prêtre vient de faire l'histoire de lliomme. Chacun des animaux semble contenir une ébauche de l'homme, dans ses organes extérieurs, comme leurs instincts divers semblent être une ébauche de notre intelligence et de nos sentiments. Le grand-prêtre nous a présenté l'homme, dans son enfance , dans son âge mûr , dans sa vieillesse; et te phénix nous le présentera aujourd'hui dans sa mort. L'homme n'a qu'une voix; et cette voix est entendue non seulement par ses semblables, mais encore par les animaux; et cette voix.

qui n'est, le plus souvent, que celle du gémissement, passe de génération en génération, et retentit dans les siècles. Qui sait s'il ne jparviendra pas à être en rapport avec les intelligences supérieures; et si déjà il nen est pas entendu? Il ne vole pas dans les airs, il ne descend point dans les abymes des mers; mais il mesure les cieux, mais les mers ne sont point un obstacle à ses conquêtes. Son esprit embrasse lunivers.

A ces mots le prêtre qui me faisait le récit que vous entendez, Sage Evandre, s'arrêta encore pour m'interroger par son regard.

Je vous ai compris, lui dis-je, et je crois comprendre, en même temps, les discours de Tirésias, hiérophante de la Cadmée; j'ai reconnu Fénigme célèbre du mont Phicéus, qui est à-la-fois le mystère de l'homme et le mystère des races royales, chargées par les dieux de diriger les destinées des peuples, en s'identifiant à elles ; enfin, je retrouve la doctrine prescrite à tous de se connaître soi-même, pour pouvoir entrer dans la voie du progrès. Sans doute que Bélus, qui avait si bien deviné l'énigme de Hiomme, ne demanda point à voir le phénix , sur la montagne sacrée, car le phénix n'existe point. C'est une allégorie de l'immortalité promise à l'homme.

Tu as compris, me répondit le prêtre, et toutefois ton intelligence n'est pas grande. Nos sym-

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