‹ Essais de palingénésie socialeChapitre 157 sur 221 · LIVRE SEPTIÈME, f^ "J' J aSg · texte numérisé non relu

LIVRE SEPTIÈME, f^ "J' J aSg

de crëation . Mais Tétude de ces caràcâvà sacrés te serait inutile. Ainsi, avec toi, notre seule science sera celle qui s adresse à louîe. Toutefois, nous t apprendrons ce que tu ne sais pas encore; nous t apprendrons qu'il existe une source unique , féconde, inépuisable, doù émane toute science; nous tapprendrôns quHl y a une génération intellectuelle, dont la génération des êtres est une image imparfaite. C est là le mystère que noiis cherchons à pénétrer respectueusement 9 le secret que nous essayons de surprendre. Dieu, nous n en doutons point. Dieu a parlé une fois. Dieu , nous le croyons ainsi, a dit une fois comment le monde idéal était devenu le monde plastique. C est cette parole de Dieu, émise une fois, qui, venant à se reposer sur les lèvres de Fhorome primitif, a été la grande voix, la voix unique et multihforme de toutes les traditions primordiales. Notre poésie, Thamyris, est un symbole, et c'est ce que v* doit être toute vraie poésie , car la parole de Dieu, lorsqu'elle se tranforme en la parole de Fhomnie, doit se rendre accessible à nos sens, à nos focultés, s'incarner en nous, devenir nous-mêmes. Elle revêt une teinte obscure parcequ'elle est reflétée par des organes obscurs. Au fond, le symbole est une vérité que la langue de l'homme ne peut pas dire à l'oreille de l'homme, et que l'esprit dit à Tesprit. De plus, le symbole est une condéscetH

26o ORPHÉE.

dance dont nous aimons à reconnaître le bienfait pour nous et pour ceux à qui nous devons transmettre les enseignements de la sagesse. Notre poésie a produit plusieurs cLefe-d œuvre: aujourd'hui, Thamyris, nous nous bornerons à ten faire connaître deux.

Alors le prêtre me récita le poëme de Job et celui de Prométhée.

Évandre, je n'ai point retenu dans ma mémoire ces deuxpoëmes célèbres, pleins d'une science si féconde, d'une poésie si vaste et si admirable; je ne pourrai vous en offrir qu'une bien faible idée. Commençons par le poëme de Job. On ne sait pas si cette histoire a été racontée par le grand législateur des Hébreux aux prêtres de l'Egypte, ou s'il la tenait d'eux. On est certain seulement qu'elle est de la plus haute antiquité, et qu'elle remonte au-delà du temps où Israël, échappé à la maison de servitude, traversa le désert. Les poëtes des labyrinthes ont presque tous traité ce sujet; ils l'ont regardé comme une des premières révélations de l'immortalité de l'ame.

Quoi qu'il en soit, les Arabes ont cotiservé la mémoire d'un homme qui a connu toutes les douceurs et toutes les misères de la condition humaine. Il était du pays de Hutz, et vivait dans l'abondance. Mais la prospérité ne peut pas être durable ; un nuage de maux creva sur le juste.

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