LIVRE NEUVIÈME
été admises dans larche astroDomique, relig^ieuse et sociale. Le nom glorieux d'Orphée est à peine connu, tant la mémoire des bienfaiteurs des hommes est vite oubliée. Les doctrines harmonieuses avaient disparu de la Thessalie; cette contrée était presque entièrement envahie par les tristes superstitions de la magie. Les sourds et plaintifs mugissements du rhombus profane avaient remplacé les doux chants de la lyre fatidique. Je reconnais cependant, parmi les poésies conservées dans la mémoire des peuples, les débris d'un dithyrambe où le nom d'Eurydice est mêlé. Pour eux la fille de la vision fut une dryade. Un vieillard a enseigné ce dithyrambe aux habitants qui aiment encore à le redire- Dans des chants alternatifs, les hommes célèbrent le don de la capacité du bien et du mal, les femmes, le don de la pudeur; les uns et les autres, le don de la famille. Un hymne à la beauté, qu'ils ont appris du même vieillard, est terminé par des mots que j'ai pu retenir, et qui méritent votre attention , sage Évandre.
Ce qu'est la beauté pour nos sens tels qu'ils sont faits, sera la vertu, sera la vérité, pour les sens que nous devons acquérir. Oui, la beauté, dans ce monde, est une aimable et brillante messagère qui nous raconte les merveilles d'un monde meilleur. ^