‹ Essais de palingénésie socialeChapitre 197 sur 221 · TOL · texte numérisé non relu

TOL

Sans doute le vieillard dont on parle a visité les grottes cosmogoniques de la Samothrace; et peut-être a-t-il été initié aux mystères de l'île sacrée.

Je veux donc voir le vieillard. Ce noble étranger, me dit-on, ne saurait être environné de plus de vénération, mais il se renferme dans un silence impénétrable. Vous ne pourrez |iarvenir à savoir rien de lui ; il n a jamais cédé à notre désir d entendre raconter ses aventures, que Ton suppose graves et sérieuses ; il paraît seulement pressé de connaître les secrets de la mort. Sa vie s'est consumée dans de longs ennuis,* et il n aspire plus qu'au repos de la tombe.

De telles réflexions ne me détournent point de mon projet. Je parviens à découvrir la retraite ignorée oii le veillard voulait ensevelir ses derniers jours. Je le trouve occupé à méditer. Il appliquait riiexamétre héroïque à des poëmes sur les éléments, sur les pierres précieuses, sur les métaux, sur quelques effets singuliers de la nature; travail pénible de versification, pour enfermer dans une mesure régulière les procédés techniques des arts nouveaux, l'explication des phénomènes du ciel et de la terre. C'est ainsi qu'il employait aridement ses loisirs. On eût dit qu'il voulait emprisonner une puissante imagination^ et retenir, dans son sein, de fécondes^ pensées.

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