‹ Essais de palingénésie socialeChapitre 47 sur 221 · LIVRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME

tous les êtres , et il ne dédaigna point la nature humaine. Son nom cosmogonique , perdu à jamais dans la nuit des temps, s est changé en un nom opique, pour désigner la sphère nouvelle à laquelle il devait rester désormais associé; c'est ainsi qu'il est devenu Talaon. Alors seulement, il put habiter un lieu, et choisir une femme, pour couronner de fleurs sa verte vieillesse. Toutefois ses enfants ne sont point appelés à jouir d'une destinée complète, mais une fille seule naîtra de lui; encore ne sera-t-elle qu'une brillante apparition sur la terre.

Non loin de la retraite charmante qu'avait choisie Talaon, vivait également, dans la retraite, un mortel qui eut toutes les grandes pensées, tous les nobles sentiments, et qui est mort inconnu comme le lis de la vallée, ou comme la bruyère élégante qui abandonne aux vents de la montagne les suaves parfums de ses fleurs modestes. Ses aventures sont ignorées, mais on croit qu'il avait autrefois vécu dans une douce familiarité avec les sages de l'Inde. Cet intérêt si tendre qu'il portait aux animaux souffrants, et qui ressemblait à une compassion sympathique; cette sorte de confraternité qui paraissait unir son existence à de beaux arbres; ce goût si vif pour un ciel sans nuage, pour la verdure, l'eau et les fleurs: tout annonçait en lui les habitudes et les mœurs d'un

jtunr i4iniit Son nom, qu'illustrèrent sans doute $K |v«tnières années, et que sans doute aussi âT^ent illustré ses aïeux, son nom même a péri.

On raconte que dans les jours de sa jeunesse, il avait senti les atteintes de Famour, mais il les avait toujours repoussées. La raison d'une telle rigueur serait difficile à pénétrer. Quoi qu'il en soit, il était doué d'une ame forte et calme, et c est dans elle qu'était tout son conseil. L'âge l'avait donc surpris seul. Alors il connut tout l'ennui de la solitude, et il eut le dcsir de se choisir une épouse, afin d'achever doucement le reste de sa vie. Cette épouse de son choix fut une prêtresse des religions farouches de l'ancien monde ; et son nom, qu'aucun poëte n'a chanté, n'a point survécu, non plus, à l'oubli.

Vola fut la fille admirable de ce couple ignoré. Ce nom, Évandre, aune signification que vous connaissez déjà ; c'est le nom d'une forme sociale, de la cité primitive. Vola fut initiée aux religions terribles de sa mère, mais elle refusa d'en revêtir le sacerdoce.

Cette vierge modeste, belle, et qui avait des goûts austères , apprenant que Talaon cherchait une épouse, fit connaître qu'elle mettrait son bonheur à venir partager la retraite obscure du sage mythocrate. Un Dieu sans doute lui avait inspiré ce désir. Le père vénérable de la jeune

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