LIVRE DEUXIÈME
nîté, recevez avant tout ma prière! Les sept cordes primitives sont pour les hymnes de la reconnaissance envers les dieux immortels; deux cordes ajoutées sont pour les lois des sociétés humaines, lois qui doivent être consonnantes aux accords des sphères célestes. Que toutes soient ébranlées à-la-fois !
Ainsi chanta Orphée ; et le vieillard, qui fut un Titan, toujours appuyé sur Eurydice, encouragea <i un signe le chantre mélodieux. Aussitôt, tenant sa lyre dans ses mains , il sauta légèrement sur le rivage. Talaon et sa fille le conduisirent dans leur <lemeure, où il fut accueilli avec une douce cor- ^alité par Vola, belle et irréprochable épouse.
Vénérable Evandre, ne soyez point étonné si les coutumes ordinaires de l'hospitalité n'ont pas été exactement accomplies dans cette circonstance. Une aventure d'un genre tout-à-fait merveilleux pouvait-elle être soumise aux lois qui règlent toutes les communications des hommes entre eux? Ce sont ici des apparitions, et non des voyages et des rencontres. Les Muses seules sauraient bien raconter de telles histoires; seules elles sauraient les bien entendre : il faudrait donc être également inspiré par elles, et pour écouter, et pour dire.
Orphée demeurait inconnu à ses hôtes. Il aimait à errer au loin dans la solitude, et rarement
il se trouvait avec le vieillard. Talaon, assoupli santsa voix austère, lui disait: Noble ëtrançei serais-tu donc soumis à la loi du silence? non répondait Orphée, je ne suis point soumis à la h du silence; mais je n ai que des pensées confuse auxquelles je puis difficilement donner de la rét lité , et sur-tout la réalité de la parole. Je ne sai d ailleurs, père auguste, si vous et moi sommi nés dans la même sphère d'idées et de sentiments et ma bouche se refuse à tout langage qui ne pas le vêtement même de la pensée. Vieillard; i je vous disais ce qui se passe en moi , vous me n garderiez peut-être comme un insensé. TouU fois, j ai conçu un dessein que je dois exécute avant toutes choses. Le génie des ancêtres habit le promontoire de Leucade. Celui qui ignore quel père il doit le jour, et qui est animé d vif désir de le connaître, afin de pouvoir trans mettre des facultés transmissible elles-mêmes, ce lui qui veut avoir à-la-fois des ancêtres, un tom beau, une postérité, celui-là, après avmr observ les cérémonies prescrites , se précipite du haut di promontoire dans la mer. Ou son ame éphémèr s'éteint dans les flots, ou le père immortel, qui vi en lui , sauve une race impérissable , en révélan le nom de l'auteur primitif. Un simple mortel » doit pas craindre d'affronter une telle épreuve puisqu'il est des dieux , dit-on , qui n'ont pas dé