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i 4 Si l’on est né animal politique, c'est tout ce qu'il y 1 | a dé plus gênant que de ne pas appartenir à un parti : ‘4 \ impression de froid, de solitude et de futilité. Si votre 0%. parti est fort, que son programme et sa philosophie vous FE plaisent el satisfassont en vous à la fois l'instinct pra ( lique, grégaire et intellectuel, Dieu que cela doit être M agréable! au point de mériter une importante cotisation À ot tous von loisira du moins ai vous ôtes un animal | politique, ( Auggi l'animal polilique qui ne peut se résoudre à 4 Marmonner les mots honteux : « Je ne suis pas l'homme 5 d'un parti », préfèrerait.il appartenir à n importe quel ns parti que de n'en pas avoir, S'il ne peut trouver un 4 À loyer en s’abandonnant au principe de l'attraction, il lui 7 à laut en trouver un en s'inspirant de ses répugnances et 7
aller vers ceux qu'il déteste le moins plutôt que de rester dehors, dans le froid,
Prenons mon cas — où va bien me mener cette épreuve 1 FL négative? Comment pourrais-je m'astreindre à faire LE partie des Conservateurs? Ils ne me procurent ni nour- +
riture ni boisson, ni consolation intellectuelle ni consolation morale, Cela ne m'amuserait ni ne m'enthousins.
t, Conférence faite au Cours de vacnnces Hadical de l'Untversité de Cambridge,
SUIS-JE RADICAL? (1925) 233 mérail ni ve m'instruirail, Partager l'atmosphère, la mentalité, le point de vue dans l'existence de... mieux vaut ne nommer personne ne servirait en rien mon
intérêt personnel ni le bien public, Car cela ne mène nulle part, ne répond à aucun idéal, ne correspond à aucune culture intellectuelle n est même pas prudent ou calculé pour mettre à l'abri des démolisseurs, ce degré de elvilisation que nous avons déjà atteint
Devrals-je done me rallier au Labour Party? En appa rence, cela eat plu tentant, Mais si l'on ÿ rovardé de plus près, 11 yÿ à de grosses difficultés, Tout d'abord, c'est un parti de classe et d’une classe qui n'est pus ln mienne, Si je dois revendiquer des avantages pour une fraction de la Société, autant que ce soit pour celle à laquelle j'appartiens. S'il s'agit de la lutte des classes, mon patriotisme personnel et étroit, ainsi que celui de tout le monde, en dehors de quelques exceplions d'un “èle gênant, s'attache à mon propre milieu. Je puis ne pas demeurer insensible à ce que je crois être la justice et le bon sens: mais In lutte des classes me trouvera du côté de la Bourgeoisie instruite
Mais, par-dessus tout, je ne crois pas que l'élément intellectuel parvienne jamais à exercer un contrôle effectif sur le Labour Party: trop de décisions seront tou jours prises par ceux qui ne savent pas du loul de quai ils parlent; et si cé qui n’est pas improbable lé contrôle du Parti tombe dans les mains d'un petit cércle d'’autocrates, 0e contrôle jouera ati bénélice de l'extrême gauche de cette aile du parti que j'appellerai le Parti de la Catastrophe.
En procédant négativement, j'ai tendance à croire que le parti Radical demeure le meilleur instrument de progrès pour l'avenir si seulement il était fermement mené et s'attachait à un vrai programme, Mais si l'on examine le problème des partis sous un angle positif : en considérant davantage 66 qui vous attache, que ce
qui vous en détourne, les perspectives sont lugubres dans
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tous les partis, que nous cherchions à nous confier aux hommes ou aux programmes. Et les raisons sont les mêmes pour tous les partis. Les questions historiques de partis du xrx° siècle sont aussi périmées que le rôti de la É semaine dernière, et tandis que surgissent les questions 1 de l'avenir, elles ne sont pas encore devenues des questions de partis, et elles chevauchent les frontières des É: anciens partis. 54 La liberté de pensée, civile et religieuse, la franchise
- douanière, l’autonomie des Dominions, les pouvoirs de la Chambre des Lords, l'impôt progressif sur le Revenu
ÿ2 et la Fortune acquise, la part des Revenus publics con- + sacrée aux réformes sociales : assurances-chômage, assu- Le rances en cas de maladie et assurances-retraites, à l’édu- FE cation, au logement et à la santé publique; toutes ces 2.
réformes pour lesquelles le parti Radical a combattu, ont à été acquises ou ont été dépassées ou sont devenues l’apa- hi
nage de tous les partis. Que reste-t-il les uns diront Ne la question agraire. Pas moi — car j estime que cette de question, sous sa forme traditionnelle, a perdu, par suite 4 de l’évolution des faits, toute son importance politique. . 24
Je ne vois que deux planches de la doctrine libérale | historique encore susceptibles de surnager — la question Es. de la prohibition et celle du libre-échange. Et si la seconde a conservé aujourd’hui encore toute son importance et son actualité, c’est par accident. Il a toujours existé des arguments en faveur du libre-échange : l’argument du laissez-faire qui plaisait et plaît encore aux individualistes libéraux, et l'argument économique qui veut que chaque pays dispose de ses ressources en les dirigeant de préférence vers le pays qui lui offre le meilleur intérêt. Je ne crois plus à la philosophie politique dont la doctrine du libre-échange se réclamait. Je crois au libre-échange parce que c’est la seule doctrine qui, tout bien considéré, se défend d’un point de vue technique, intellectuel et pratique.
Mais en considérant tont pour le miéux, le: parti
Radical peut-il s’en tenir seulement à la question agraire, à la prohibition et au libre-échange? Quand bien même il finirait par avoir un programme ferme et défini sur les deux premières? Les raisons positives d’être Radical sont bien minces à l’heure qu'il est. Comment les autres partis se justifient-ils ?
Le parti Conservateur aura toujours pour raisons d’être de demeurer le foyer des ultra. Mais d’un point de vue constructif, sa cause est aussi mauvaise que celle des Radicaux. La plupart du temps, il n’y a qu’une différence de tempérament, ou le souvenir d’associations anciennes, et non une politique divergente ou un idéal propre, qui sépare les jeunes Conservateurs avancés des Radicaux moyens. Les vieux cris de guerre sont éteints. L'Eglise, l’Aristocratie, les Biens Fonciers, le Droit de Propriété, la Gloire de l’Empire, l’Honneur et le Whisky, ne sont plus appelés à servir de tremplin à la Politique Britannique.
Le parti Conservateur devrait chercher à mettre debout une nouvelle doctrine du Capitalisme individualiste, adaptée aux changements survenus dans la situation, Mais les leaders du Capitalisme, qu'ils soient magnats de la Cité ou membres du Parlement ne parviennent pas à distinguer des réformes capables de protéger le Capitalisme de ce qu'ils nomment Bolchévisme. Si le vieux Capitalisme était capable intellectuellement de se défendre, il parviendrait à se maintenir pendant encore de nombreuses générations. Mais, heureusement pour les Socialistes, il y a peu de chances que cela arrive.
J’estime qu'il faut chercher la cause du déclin du Capitalisme dans une institution qui n’est pas le moins du monde inhérente au régime même, mais qu'il emprunta au système féodal qui le précéda. Je veux parler du principe héréditaire. Le principe héréditaire qui prévaut dans la transition des richesses et le contrôle des entreprises est responsable de la bêtise et de la faiblesse qu'on rencontre chez les leaders de la cause capitaliste,
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