‹ Essais de persuasionChapitre 11 sur 120 · LE CARTE · texte numérisé non relu

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être vendues. Tant qu'ils n’entrent pas tant soit peu dans le détail, tant qu'ils ne produisent pas d’arguments palpables à l’appui de leurs conclusions, ils ne méritent pas d’être crus.

Nous ne posons que trois conditions, qui n'affectent

nullement, quant au but à atteindre immédiatement, la force de notre argumentation.

Premièrement : Si les Alliés voulaient « entretenir » le commerce et l’industrie de l'Allemagne pendant cinq ou six ans, consentir à ce pays de larges prêts, lui fournir des navires, des matières premières, des vivres, lui ouvrir des marchés; s'ils voulaient consacrer leurs ressources et leur bonne volonté à en faire une des nations les plus industrielles de l’Europe, sinon du monde, ils pourraient sans doute obtenir une indemnité bien plus considérable, car l'Allemagne est susceptible d'une très grande productivité.

Secondement : En faisant nos évaluations en monnaie, nous n’envisageons pas de bouleversements du pouvoir d'achat de l’unité de valeur. Si la valeur de l'or devait tomber à la moitié ou au dixième de ce qu’elle est à présent, la charge de l’indemnité, évaluée en or, serait réduite en proportion. Si un souverain d’or en arrivait à valoir ce que vaut un shilling, l’Allemagne pourrait payer en souverains une somme bien supérieure à celle que j'ai mentionnée.

Troisièmement : Nous supposons qu'il n’y aura pas de bouleversement dans le rendement accordé par la nature el la matière au travail humain. Il n’est pas impossible que les progrès de la science mettent à notre portée des méthodes et des stratagèmes qui élèveraient

énormément le niveau de l'existence, et que la quantité

des objets produits ne représente plus qu’une portion

de l'effort humain qu'elle représente aujourd’hui. Dans

ce Cas, les « possibilités » seraient partout transformées. Mais le fait que tout est possible ne nous autorise pas à parler sottement.

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