‹ Essais de persuasionChapitre 32 sur 120 · En tenant compte de leur part propre · texte numérisé non relu

En tenant compte de leur part propre

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si le plan Dawes rapporte seulement la moitié des sommes totales qui sont prévues, ce qui serait déjà au dire des gens les plus compétents, un résultat merveilleux, la France ne toucherait presque rien, et plus de la totalité des paiements de l’Allemagne reviendrait aux Etats- Unis. La France verrait en fait ses droits reportés à la troisième tranche du plan Dawes, au cas où le plan recevrait une pleine application, et se verrait responsable des paiements allemands au cas où cela irait moins bien. N'est-ce pas faire preuve de bêtise que de penser que les choses puissent se passer ainsi?

Il est clair que la France n'’acceptera jamais pareil accord. Mais admettons, pour un moment, aussi invraisemblable que cela soit, qu'elle accepte. En ce cas, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis n'auraient plus théoriquement aucun intérêt à l’application et au rendement du plan Dawes. La France deviendrait le seul parti intéressé — intéressé non seulement en tant que créditeur, mais encore en tant que garant, responsable du déficit de ce plan. C’est là une grande objection que soulève la note Balfour. Le caractère même de cette note veut que moins l'Allemagne paiera, plus la France devra payer — c’est-à-dire que moins la France sera en état de payer, plus il Jui faudra payer. D'un point de vue diplomatique autant que d’un point de vue financier, tout cela ne tient pas debout. Cela ne nous rapporterait jamais le moindre argent et nous priverait des avantages que nous tirons de notre situation diplomatique d’ar- -bitre entre la France et l'Allemagne. Les Affaires Etrangères auraient vendu leur influence pour un plat de lentilles auquel la trésorerie ne toucherait jamais.

La note Balfour ne vaut donc rien en son principe. Il ne peut y avoir d’accord qui joue si ce n’est sur le principe exactement opposé, à savoir; que moins l’Allemagne paiera, moins la France paiera. Le montant des paiements de Ja France doit varier dans le même sens que celui des paiements allemands, non dans le sens opposé. Tel était

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