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fuient à l'étranger sur une échelle qui tend à devenir défavorable à notre balance commerciale et à faire fuir For de la Banque d’Angleterre. Pour remédier à cet état, il faut relever le taux de l'intérêt.
Ainsi finalement nous trouvons-nous dans le pire des mondes. Le pays possède un outillage arriéré au lieu de machines modernes. Les bénéfices commerciaux sont médiocres, de sorte que le rendement de l'impôt sur le revenu déçoit le Chancelier de l’Echiquier et qu'il ne peut ni alléger les charges du contribuable, ni faire aboutir des réformes sociales. Le chômage sévit. Ce manque de prospérité diminue le montant même de l'épargne, et retire ainsi son véritable avantage à la réduction du taux de l'intérêt, Aussi celui-ci demeuret-1l, tout compte fait, aussi élevé.
Ce n’est pas accidentellement que le Gouvernement Conservateur nous a menés dans le pétrin où nous sommes. C'est la conséquence normale de sa philosophie :
QIl ne faut pas se hâter d'améliorer le service des téléphones et d'installer l'électricité, car cela entraînerait une hausse du taux de l'intérêt.
«Il ne faut pas se hâter de construire des routes ou des maisons, car ce serait absorber une main-d'œuvre dont nous pouvons avoir besoin plus tard.
QÏT ne faut pas chercher à employer tout le monde car cela aboutirait à de l’Inflation.
ÇIT ne faut pas placer de l’argent car comment être sûr qu'il rapporte?
«Il ne faut rien faire, car faire une chose vous empêche d'en faire une autre.
« Sécurité d’abord! Gela fait huit ans maintenant que nous suivons la même politique qui, si elle laisse subsisler un million de chômeurs, n’a pas encore amené de désastres; pourquoi courir les risques d’un changement ?
« Nous ne voulons promettre davantage que nous ne
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pouvons tenir. C’est pourquoi nous ne promettons rien du tout. »
Voilà de quoi l’on nous nourrit. Ce sont là formules de décadence et de misère —— timidités et objections d'administration qui sombre par manque de vitalité.
Négation, Restriction, Inaction — tels sont les mots d'ordré du Gouvernement. Sous son empire, nous en avons été réduits à serrer nos gilets et comprimer notre poitrine. La peur, le doute, et des précautions d’'hypocondre nous retiennent prisonniers en chambre. Mais nous ne sommes pas encore des moribonds. Nous sommes
des enfants bien portants. Nous avons besoin du souffle
du large et de la vie. Il n’y a rien à craindre. Au contraire, l’avenir nous réserve bien plus de richesse, de liberté économique et de possibilités individuelles de vie aisée que nous n’en avons jamais connu dans le passé.
Il n'y a pas de raison pour ne pas nous sentir libres d'agir avec hardiesse, pour ne pas chercher à faire des expériences, essayer toutes les possibilités. Et en face de nous, barrant la route, il n’y a que quelques vieux messieurs, soigneusement enfermés dans leur redingote bien boutonnée, qu’il n’y a qu'à traiter avec un manque d’égards amical et à envoyer promener comme un jeu de quilles.
JI y a des chances pour qu'ils s’en amusent eux-mêmes, une fois qu'ils se seront remis de leur choc.