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tuation, c’est d'économiser plus que d'habitude. S'ils s’abstiennent de dépenser une aussi large part de leurs revenus que de coutume, ils s’imaginent qu'ils auront remédié au chômage. S'ils sont membres de Conseils généraux ou de Conseils municipaux, ils s’imaginent que leur devoir en pareille circonstance est de s'opposer à des dépenses nouvelles d'aménagement ou de travaux publics.
Or, dans d’autres conditions, tout ceci pourrait être fort bien, mais malheureusement dans les conditions actuelles, tout cela est fort mal. Il n’y a rien de plus néfaste et de plus faux, c'est exactement le contraire de ce qu’il faudrait faire. Car le but de l'épargne doit être de rendre de la main-d'œuvre disponible pour pouvoir l’employer à exécuter des travaux de rapport tels que la
construction de maisons, d'usines, de routes, de ma-
chines, etc. Mais s’il se trouve déjà un excédent important de main-d'œuvre disponible pour pareil emploi, alors le résultat de l'épargne est d’accroitre cel excédent, et par conséquent de grossir les rangs des chômeurs. De plus, lorsqu'un homme est privé de travail, d’une façon ou d’une autre, la diminution de son pouvoir d'achat a pour effet de réduire au chômage ceux qui produisaient ce qu'il ne peut plus acheter. Et ainsi la situation s'aggrave de plus en plus, et l'on ne sort plus d’un véritable cercle vicieux.
Ce que je puis dire approximativement de plus juste, c’est que chaque fois que vous économisez 5 shillings, vous privez un homme de travail pour une journée. Votre économie de 5 shillings augmente le chômage dans la proportion d’un homme, pour la durée d’un jour, et ainsi de suite. Par contre chaque fois que vous achetez de la marchandise — vous favorisez la main-d'œuvre; il faut que ce soit de la marchandise anglaise si vous voulez favoriser la main-d'œuvre dans votre pays. Après tout, il n’y a là qu'une question de bon sens. Car si vous achetez de la marchandise, il faudra bien que quel-
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DES ECONOMIES 115 qu un la fabrique. Ei si vous n’achetez pas de marchandises, les magasins ne videront pas leurs stocks, ils ne referont donc point de commandes, et il faudra donc que certains ouvriers soient renvoyés et privés de travail.
Par conséquent, Ô ménagères patriotiques, sortez dès demain matin dans les rues, et dirigez-vous vers ces ventes réclames miraculeuses qui se trouvent annoncées à tous les coins. Vous vous ferez du bien à vous-mêmes car jamais les choses ne furent. aussi bon marché, meilleur marché qu’en rève. Faites provision de linge, de blanc, de draps et de couvertures pour satisfaire tous vos besoins. Et réjouissez-vous par surcroît à la pensée que vous favorisez la main-d'œuvre, que vous enrichissez le pays, car vous redonnez de la vie à de grands centres d'activités et l'espoir au Lancashire, au Yorkshire et à Belfast,
Ge n'est là qu’un exemple. Faites tout ce qui contribue à satisfaire vos besoins les plus raisonnables et ceux de votre foyer, faites de nouveaux aménagements, construisez.
Car nous n’avons pas besoin de serrer notre veston mais de nous détendre, de nous laisser aller à un désir d'activité; de faire quelque chose, d'acheter, de fabriquér des objets. C’est ce que commande la logique la plus élémentaire, et pour en être persuadé, raisonnez une minute sur les cas extrèmes : admettez que nous cessions de dépenser la moindre parcelle de notre revenu, et que nous économisions le tout. Personne n'aurait plus de travail, et au bout de peu de temps il ne nous resterait plus de revenu à dépenser. Personne ne serait plus riche, et finalement nous mourrions tous de faim. Ce serait bien fait et notre juste punition pour refuser d'acheter les uns des autres, pour refuser de laver le linge d'autrui, puisque tel est notre mode d’existence. Ceci s'applique aussi et même davantage aux administrations locales. C’est le moment pour elles de se livrer à des travaux d'amélioration, d’entreprendre les réformes nécessaires.
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Le malade n'a pas besoin de repos. IL a besoin d’exercice, Vous ne pourrez fournir du travail aux hommes si vous yous restreignez, si vous vous refusez à faire des commandes, si vous demeurez inactifs. Seule une activité quelconque peut remettre en marche les roues du progrès économique et donner l'impulsion indispensable à une nouvelle production de richesse.
Sur un plan national, également, je voudrais voir adoptés et exécutés de vastes et magnifiques desseins. J’ai lu l’autre jour qu’on proposait de construire une grande route nouvelle, un large boulevard parallèle au Strand sur la rive Sud de la Tamise, menant de Westminster à la Cité. C’est là œuvre utile. Mais je voudrais voir encore mieux et encore plus vaste, Par exemple, pourquoi ne pas démolir tout le Sud de Londres, de Westminster à Greenwich, et tirer largement parti de ces terrains en construisant sur cet emplacement propice, à proximité de son travail, de quoi loger une population plus nombrèuse que celle qui y réside aujourd’hui dans des bâtiments comportant tous les perfectionnements modernes, tout en réservant de vastes espaces pour des squares, des avenues, des jardins publics. Ce serait un spectacle merveilleux pour les yeux et en même temps œuvre utile convenant à la vie humaine, qui constituerait un véritable monument de notre temps. Ne serait-ce pas procurer du travail aux chômeurs? Sans aucun doute. Et vaut-il mieux que ceux-ci restent inactifs et malheureux et continuent à toucher leur indemnité? Certes non.
Tels sont les faits que je veux soumettre à vos méditations : tout d’abord l'extrême gravité de la situation, le quart environ de notre population ouvrière se trouvant privé de travail; en second lieu, l'étendue mondiale de la crise à laquelle nous ne pouvons remédier à nous tout seuls; et troisièmement l’action restreinte que nous pouvons tout de même entreprendre par nous-mêmes qui consiste à se bouger, à dépenser, à concevoir et exécuter de nouveaux travaux,
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Mais il faut aussi que je propose un dernier thème à vos réflexions. Je suppose qu'une des raisons pour lesquelles certaines personnes sont quelque peu effrayées par mes suggestions, est la crainte que nous soyons trop pauvres pour nous permettre ce qu'elles doivent considérer comme des extravagances, Elles croient que nous sommes pauvres, bien plus pauvres que nous ne l’étions et que ce dont nous avons surtout besoin, c’est de nous tailler un manteau à la mesure de l’étoffe dont nous disposons, c’est-à-dire restreindre notre consommatiôn, réduire notre train de vie, travailler plus et dépenser moins; et que c’est la seule façon de s’en sortir. Ce point de vue s’écarte, selon moi, de la réalité. Nous avons bien assez d'’étoffe et manquons seulement du courage nécessaire pour nous tailler des manteaux. Je veux donc
-vous fournir des renseignements encourageants qui
vous permettent de mieux vous rendre compte de la puissance économique de notre pays.
Laissez-moi tout d’abord vous rappeler‘ce qu’il y a de plus évident. La masse de la population jouit de bien meilleures conditions d’existence qu’elle ne l’a jamais fait. Nous entretenons à ne rien faire, en leur assurant un niveau d'existence supérieur à celui des travailleurs de la plupart des pays étrangers, près d’un quart de la population ouvrière en état de travailler. Néanmoins notre richesse nationale s’accroît d'année en année. Tout en payant des salaires bien supérieurs aux salaires français et allemands, par exemple, tout en entretenant un quart de la population à ne rien faire, tout en enrichissant sur une large échelle notre équipement national de nouvelles maisons, de nouvelles routes, et de nouvelles installations électriques, nous conservons encore des réserves pour nos placements à l'étranger, plus importantes en 1929 que celles de tout autre pays Y compris les Etats-Unis.
Comment faisons-nous? Si les pessimistes qui croient que nous sommes terriblement pauvres, gaspilleurs et
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