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Le rapport sur les économies (15 août

Le rapport du Comité chargé d’enquêter sur les éconoïnies, peut être éxaminé à différents points de vue. C’est un document des plus précieux car il nous mét en demeure de prendre une décision dans un sens ou dans un autré sur certains problèmes pratiques. Il nous invite à nous prononcer sur le point de savoir si c’est ou non notre intention de consacrer la Déflation en appliquant aux salaires ét traitements anglais les réductions qu'ont subies les prix internationaux, mais si telle est notre intention, il serait absurde de croire que la réforme peut se limiter aux professeurs ét aux agents de la police. Le rapport va trop loin ou pas assez. Mais ce n'est pas la question que je voudrais traiter ici. Je voudrais m'en tenir à un des aspects de ce rapport auquel il semble qu'on ne sé soit pas suffisamment attaché.

Rien ne dénote que le Comité ait songé le moins du monde aux répercussions possibles des réformes qu'il propose, sur le chômage et le revenu de l’impôt. Il préconisé une réduction du pouvoir d'achat des citoyens anglais qui entraînerait d’une part, une diminution de leurs revenus et d'autre part, une suppression de travail appliquée à certains ouvriers qui ne chôment pas encore. Les auteurs de ce rapport ne donnent aucune raison de supposer que cette réduction du pouvoir d’achat se trou-

verait compensée par des bénéfices d’un autre ordre;

car l’idée qui les guide, c’est que le Gouvernement devrait profiter des économies qu'ils préconisent, non pour diminuer les impôts, mais pour réduire ses emprunts. Peutêtre ont-ils derrière la tête, une idée vague qu’il existe une somme invariable de capital destinée à l’emprunt qui ne saurait être soustraité à des placements, et que si le Gouvernement émprunte moins, une plus grande part de cette somme ira forcément sous forme d’emprunts à l’industrie privée. Maïs cette idée ne résiste pas

à la réflexion, pour peu qu’on l’analyse en termes concrets et définis.

La proposition ne comporte même pas les avantages que pourrait présenter pour notre balance commerciale une réduction des salaires industriels, Car rien dans cette - proposition ne vise à une réduction du coût de la production; bien au contraire, elle tend à l’accroître, en à élevant la part du chef d’entreprise, dans les assurances sociales.

Essayons donc de rédiger les paragraphes qui manquent à ce rapport et de prévoir les conséquences probables d’une réduction du pouvoir d’achat du genre proposé. Pour une part cette réduction du pouvoir d’achat peut avoir pour conséquence une diminution des achats de marchandises étrangères, c’est-à-dire que si on réduit les indemnités des chômeurs, ceux-ci devront serrer leur ceinture d’un cran et manger moins de produits importés. En ce sens se trouvera réalisé un léger progrès. Une part des économies proviendra d’une réduction de l'épargne, c'est-à-dire que si les traitements des professeurs sont réduits, les professeurs féront moins d’économie ou même entameront leurs économies passées s'ils doivent conserver le train de vie auquel ils sont habitués. Mais à côté de cela, les producteurs anglais verront leurs receltes provenant des dépenses des consommateurs (agents de police, professeurs, chômeurs indemnisés, etc.) réduites de mettons £ 70.000.000 par an. Ils ne peuvent supporter ces pertes, sans réduire eux-mêmes leurs frais généraux, ou sans renvoyer certains de leurs À employés, où l’un et l’autre; il leur faudra imiter le : Gouvernement, ce qui entraînera les mêmes conséquences et ainsi de suite.

Le résultat qui ne peut manquer de se produire, ce sera un accroissement marqué du nombre de chômeurs touchant des indemnités et une diminution de revenus de l'impôt, par suite de la diminution des revenus et des bénéfices. En fait, les conséquences immédiates qu’entraf-

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nerait une réduction de la part du Gouvernement de son déficit, seraient diamétralement opposées aux conséquences qui résulteraient de subventions accordées par le Gouvernement aux travaux publics, et que lui fournirait l'emprunt. On ne peut évaluer exactement le montant des chiffres auxquels s’élèverait l’une ou l’autre de ces dépenses, mais ils doivent être à peu près identiques. Plusieurs des recommandations du Comité, en particulier celles ayant trait à la construction d’habitations, de routes, de travaux forestiers, laissent entendre que la théorie même qui préconise des travaux publies pour remédier au chômage est fausse, et ses membres réclament une politique qui s’écarte délibérément de pareils principes. Mais ils ne prennent pas la peine de les examiner de plus près et de les discuter. Je suppose que ce Comité se compose d'hommes si simples que les avantages de ne pas dépenser d’argent leur semblent évidents. Ils sont même peut-être tellement simples qu’ils ne se doutent même pas de l’existence du problème que je viens d'indiquer. Mais ils s’exposent ainsi à heurter de front l’opinion publique. Car ce sont surtout les difficultés pratiques qu’il y a à s'entendre sur un programme raisonnable, qui s’opposent à ce que l’on ait recours aux travaux publies pour remédier à la crise. Le principe lui-même ne rencontre que peu d'opposition. En proposant d'abandonner les mesures déjà prises pour que les travaux reçoivent un commencement d’exécution, on s’en prend aux principes en même temps qu'à leurs possibilités d’application.

Je voudrais, ne serait-ce qu’à titre d’exemple et bien que ce ne puisse être que d’une façon tout approximative, ‘me hasarder à indiquer quelles peuvent être selon moi les conséquences les plus immédiates de la réalisation d'économies de £ 100.000.000 conformes à celles que préconise le Comité. Ge serait :

1° Une augmentation de 250,000 à {00.000 du nombre des chômeurs; |

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2° Uné diminution de mettons 20.000.000 de livres de l'excès de nos importations sur nos exportations;

3° Une’ diminution de mettons £ ro.000.000 à £ 5.000.000 de l’épargne privée;

4° Une diminution de 20.000.000 à 30.000.000 de livres des bénéfices commerciaux;

5° Une diminution dé 10.000.000 à 15.000.000 de livres sur les dépenses privées des hommes d’affaires et de tous ceux qui vivent de bénéfices commerciaux, du fait de la diminution de ces bénéfices;

6° Une diminution de 5.000.000 à 10.000.000 de livres sur la formation de capitaux servant à financer les travaux importants de reconstruction entrepris par l’industrie privée, du fait de la réduction des bénéfices commerciaux même en tenant compte de facteurs psychologiques favorables tels que la confiance pouvant résulter de l'adoption des projets du Comité;

7° Une réduction nette du déficit gouvernemental qui ne dépasserait pas 50.000.000 de livrés du fait que l’économie budgétaire de £ 100.000.000 se trouverait largement amputée par la diminution des recettes de l'impôt et du coût qu'entraînerait l’augmentation du chômage,

Les chiffres que j’indique sont bien éntendu hypothétiques. Mais (2) + (8) ‘+ (4) == (5) — (6) — (7) alors que (7) représente la réduction nette du déficit du Gouvernement, Il y a là une vérité aussi absolue que dans 23 + 2 —= 4. Cette donnée n’a rién de discutable si ce n'est le montant proportionnel des différents facteurs de cette équation. Certains pourraient en effet prétendre que le (6) marquerait une augmentation au lieu d’une diminution: et si ce facteur mMarquait une grosse augmentation — ce qui à mon avis ne se défend pas — cela changerait du tout au tout l'opportunité et la portée de ce projet politique.

Actuellement tous les Gouvernements ont de STOS déficits. L’emprunt sous uné forme ou sous une autre est le remède naturel des Gouvernements, pour €viter que

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