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Il y a un an le trait le plus saillant de la situation éco- 4 nomique était l'incapacité pour l’agriculture, l’industrie, | 3 fl les mines et les transports, de réaliser des bénéfices nor- Ÿ: À maux, ainsi que l'accroissement du chômage et le gas- PUR pillage des forces de production qui en résultaient. 114
Aujourd'hui, en de nombreux points du globe, c'est :): 4 la situation critique des banques qui constitue notre TA principale préoccupation. La crise allemande de juillet 120 1931 qui est venue tout bouleverser et a pris le monde : te plus au dépourvu qu’elle n’eût dû le faire, est en son + essence une crise bancaire, bien que précipitée par les 54 4 événements politiques et des craintes du même ordre, La Le fait qu’on ait laissé la situation atteindre ce point AA culminant d’où elle vient de retomber et qui a entraîné ie 4 la catastrophe de ces jours derniers, m’a toujours semblé NC contraire à tout principe bancaire raisonnable. C’est avec 14 stupéfaction et horreur que j’assistais à son développe- “et ment. Mais le facteur essentiel de l’écroulement dont les Ph banquiers ne portent pas individuellement la responsa- FE
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bilité, et que très peu de gens ont soupçonné, ce fut Ja 2. modification de la valeur or de la monnaie, et par suite, le poids des dettes contractées et payables en or par les
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débiteurs de tous les pays fidèles à l’étalon-or. Hi Mais reprenons la démonstration par le commence- ne
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128 ESSAIS DE PERSUASION ment. I ÿ a une quantité de biens véritables dans le monde qui constituent notre capital de richesse : immeubles, stocks de marchandises, articles en cours de fabrication, transports en cours de route, etc. Il n’est pas rare que les propriétaires nominaux de ces biens aïent emprunté de l’argent pour en devenir les possesseurs. Dans la mesure où se sont effectués les prêts, les propriétaires réels de richesses ont des titres non sur des biens véritables, mais sur de l’argent. Une grande part de ce ( financement » a lieu par l’intermédiaire des banques, qui font intervenir leur garantie entre leurs déposants qui leur prêtent de l’argent et leurs clients auxquels elles avancent l’argent indispensable, pour réaliser l'acquisition de biens véritables. Ce voile d’argent qui sépare les biens réels du véritable détenteur de richesses est un des traits caractéristiques du monde moderne, La confiance accrue dans les banques, depuis quelques années, explique en partie le développement de cette coutume dans des proportions considérables. Les dépôts en banque de toute espèce, s’élèvent pour l'Amérique par exemple à 50.000.,000.000 de dollars en chiffre rond, el pour la Grande-Bretagne à £ 2,000.000.000. En plus de ces sommes, 11 ne faut pas oublier la grosse masse de prêts sur hypothèque et sur obligations consentis directement à des particuliers.
Tout ceci est assez connu dans son ensemble. Nous Savons aussi qu'une modification de la valeur de l'argent peut modifier de façon sérieuse la situation respective de ceux qui doivent de l’argent et de ceux à qui l'argent est dû. Car, bien entendu, une baisse des prix qui équivaut à une hausse de la valeur des créances en argent, signifie que la richesse réelle passe des mains du débiteur hs celles du créancier, de sorte que la créance du prêteur représente une plus grande part des biens véritables et que la part du propriétaire nominal de ces biens, qui à emprunté pour les acquérir se trouve singulièrement réduite. C’est là, nous le savons, une des raisons
qui font qu’un changement des prix amène des bouleversements. :
Mais ce n'est pas sur cette conséquence familière de la baisse des prix que je veux attirer l’attention: C’est sur un autre phénomène d'habitude négligeable, mais qui revêt une importance particulière dès que l'écart dans la valeur de la monnaie revêt une certaine ampleur — quand il dépasse un chiffre plus ou moins défini.
De modestes fluctuations de la valeur de la monnaie, telles que celles auxquelles nous ayons souvent assisté dans le passé, ne touchent guère les Banques qui ont fait intervenir leur garantie entre les déposants et les emprunteurs. Car les Banques prévoient certaines fluctuations sur la valeur des biens particuliers dont il s’agit et des biens en général, et se couvrent en exigeant de l’emprun- (eur, ce qu'on a coutume d'appeler « une marge ». C'est-à-dire qu’elles ne lui prêteront que jusqu’à concurrence d'une certaine fraction de la valeur des biens qui forment la «garantie » donnée par l’emprunteur au prêteur. L'expérience a fixé des pourcentages conventionnels à cette marge, qui représentent une gârantie suffisante dans des circonstances ordinaires. Les sommes peuvent naturellement varier dans une assez large mesure selon les cas. Mais pour des biens de vente courante, la marge convenable s'établit entre 20 et 30 % et la marge la plus prudente ne dépasse pas 5o %. Aussi, à condition que la baisse en valeur monétaire des biens n’excède pas ces chiffres conventionnels, la Banque ne se trouvet-elle pas affectée de facon excessive: d’une part, elle doit de l’argent à ses déposants, qui lui est dû à elle
. d'autre part, et peu lui importe ce que vaut exactement
cet argent. Mais réfléchissez à ce qui arrive lorsque la baisse de la valeur monétaire des biens, excède à bref délai les chiffres de la marge conventionnelle, et que ceci
s'applique à une grande partie des biens sur lesquels on a-emprunté de l'argent. Les conséquences graves qui en découlent pour les-Banques sont évidentes. Heureusement
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