‹ Essais de persuasionChapitre 70 sur 120 · Février · texte numérisé non relu

Février

Nous avons dans ce pays une coutume admirable selon laquelle, une fois par an, les grands maîtres de nos cinq principaux établissements de Crédit, abandonnent pour un jour la tâche ingrate de décider leurs clients à souscrire à l’emprunt et revêtent la toque et la robe, puis montent à la tribune pour exposer la théorie de leur pratique. C’est une espèce de Saturnale durant laquelle nous jouissons tous d’une éphémère égalité, et disposons dés armes égales que sont les mots. Ces cérémonies présentent, d’un point de vue général, un grand intérêt. Mais mieux que cela : elles ont un sens significatif el donnent en quelque sorte un cliché de la vie financière. Qu’a-t-on trouvé à dire cette année sur la politique monétaire? Un de ces Messieurs seulement, Mr. Walter Leaf, de la Westminster Bank, s’est entièrement abstenu. Chacun des quatre autres a eu quelque chose à dire. Ils peuvent se répartir en deux groupes, dont l’un avec Mr. Beaumont Pease de la Lloyds Bank et Sir Harry Goschen de la National Provincial Bank, trouve qu'il y a quelque chose de déplacé ou du moins de fâcheux à penser ou à parler de ces choses; et l’autre avec Mr. Goodenough de la Barclays Bank et Mr. Mc Kenna de la Midland Bank, loin de fuir la discussion, s’y lance avec courage.

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