‹ Essais de persuasionChapitre 71 sur 120 · RER CRE RRRTECEE AUS · texte numérisé non relu

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Mr. Pease je l’ai déjà dit —. désapprouve l'acte de penser ou comme il préfère le dire :. « cette dépense d’agilité mentale ». Il veut « carrément regarder les faits en face au lieu de trouver des moyens intelligents de les circonvenir » et estime qu’en ce qui concerne tous les problèmes que soulève la Théorie Quantitative de la Monnaie, c’est moins à l’intelligence qu’à la conscience, que doit incomber le rôle de les résoudre; En somme, l’étalon-or serait une affaire de morale et de religion où la liberté de pensée n’aurait pas à intervenir. Il va jusqu’à ajouter : « En ce qui concerne les banques par actions, je ne crois pas que leur politique se trouve dictée par des motifs purement monétaires. En réalité, leur préoccupation essentielle est de satisfaire au fur et à mesure qu'ils se présentent aux besoins des affaires, indépendarament de toute théorie. L’action de ces banques n’est pas la cause des troubles commerciaux, elles les suivent et ne les précèdent pas. » Je crois qu’il y a là une constatation exacte et que les explications de Mr. Pease sur ce point forment la partie la plus intéressante de son discours. C’est justement cette façon automatique avec laquelle réagissent les banques par actions qui donne toute son importance à la politique que pratique la Banque d'Angleterre à l’égard du solde actif du bilan des banques et du taux de l’escompte. En guise de conclusion, Mr. Pease ne propose aucune mesure particulière en vue d'établir à présent un standard quelconque. Néanmoins il souhaite « que nous retournions petit à petit à notre étalon-or, qui, en dépit de certains inconvénients et de certaines difficultés, nous a donné en fait dans le passé toute satisfaction ».

Sir Harry Goschen va plus loin que Mr. Pease, dans un passage délicieux qui mérite d’être cité tout ‘entier :

«Je ne puis m'empêcher de penser qu'il y a eu dernièrement trop de discussions de Ja part de personnalités irresponsables sur les mérites ou les inconvénients de l’Inflation et de la Déflation. Des discussions de cet ordre

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ne peuvent qu'éveiller le doute et qu’inciter nos voisins se demander si nous adopterons l’une ou l’autre de ces deux directives, et dans l’affirmative, laquelle. Je eroïs qu'il vaudrait mieux laisser les événements suivre leur cours naturel. »

Convient-il davantage de se fâcher ou de sourire en présence de sentiments si naïfs? Le mieux est peut-être d'abandonner Sir Harry au cours naturel de ses pensées.

gi nous laissons là ces propos de vieilles filles nous trouvons plus loin dans les discours de Mr. Goodenough et de Mr. Mc Kenna des propos plus hardis et même quelque peu « risqués ». En ce qui concerne la politique immédiate, ils trouvent de nombreux points d'accord. Ils admettent tous deux qu’une politique monétaire peut gouverner le niveau des prix, que nos destinées sont donc dans nos propres mains, et qu'il faut beaucoup de réflexion et de discussions pour décider quelle est Ja meilleure voie à suivre. Pourtant Mr. Goodenough a davantage confiance dans le taux de l'escompte ef Mr. Mac Kenna dans les ressources dont disposent les banques. Ils sont hostiles à toute reprise pour le moment de Ja politique déflationniste préconisée par le Comité Cunliffe. Pour tous les deux ce sont les conditions du marché intérieur, et non les changes étrangers qui doivent dicter la règle à suivre en matière de crédit : mais pour Mr. Mc Kenna, l'élément prépondérant de la décision, c’est le volume de la main-d’œuvré emMployée: et pour Mr. Goodenough la stabilité intérieure des prix. « Pour résumer mon opHMon sur la question monétaire, dit ce dernier, j'estime que nous devrions chercher le plus possible à maintenir l'équilibre existant

entre la circulation de la monnaie et les marchan-

disés… » Ni l’un ni l’autre ne verraient d’ailleurs d’inconvénient à une légère hausse des prix, à condition (pour Mr. Mc Kenna) que les ressources productives du pays n’aient pas encore été épuisées, ef (pour Mr. Goodenough) que la hausse ne provienne pas d’un accapare-

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