CAPACITÉS DE PAIEMENT DE L'ALLEMAGNE EN MATIÈRE DE RÉPARATIONS
It est clair que les possibilités d’avant-guerre de l'Allemagne de payer un tribut annuel à une nation étrangère n'ont pas laissé d’être affectées par la perte totale de ses colonies, de ses relations au delà des mers, de $àa marine marchande et de ses biens à l'étranger; par la cession de 10 % de son territoire et de sa population, d’un 1/3 de son charbon et des 3/4 de son minerai de fer; par la perte de deux millions d'hommes jeunes: par la famine endurée quatre ans par son peuple: par le fardeau d’une lourde dette de guerre et la dépréciation de ses changes à moins de 1/7 de leur valeur antérieure; par la désagrégation de ses alliés et de leurs territoires; par la Révolution à l’intérieur; par le bolchevisme à ses portes; par la destruction immense de ses forces et de ses espérances; par quatre ans d’une guerre destructive terminée par la défaite.
On pense que tout cela est évident et cependant, toutes les espérances d’une grande indemnité sont fondées sur la supposition que l’Allemagne est en état de faire à l’avenir un commerce beaucoup plus important qu'il n’a jamais été.
Quant au chiffre global, le mode de paiement envi-
— sagé par le traité (qu'il ait lieu en nature ou en espèces,
- charbon, bois, produits colorants, etc.), n’a pas grande importance. Ce n’est en tout cas que grâce à ses expor-
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tations que l'Allemagne pourra payer, et les moÿens de porter la valeur de ses marchandises au compte Réparations, n’est en somme qu'une question de détail.
Nous nous perdrions dans le dédale des hypothèses, si nous n’en revenions pas jusqu'à un certain point aux principes initiaux et, toutes les fois que nous le pouvons, aux statistiques existantes. Il est certain que l’Allemagne ne peut assurer des paiements annuels qu'en diminuant ses importations et en augmentant ses exportations, c’est-à-dire en établissant à son profit une balance favorable qui est le meilleur moyen d'effectuer des paiements à l'extérieur. L'Allemagne peut, à la longue, payer en marchandises et en marchandises seulement, soit que ces marchandises soient livrées directement aux alliés, soit qu’elles soient vendues à des neutres et que les crédits neutres ainsi accrus soient cédés aux alliés. Le meilleur moyen d’évaluer l’étendue possible d’un tel procédé consiste dans l’examen du bilan commercial allemand d'’avant-guerre. Ce n’est que sur la base d’une telle analyse, complétée par quelques données générales se rapportant à la productivité du pays que peuvent être établies rationnellement des hypothèses relatives à l’étendue maxima que peut atteindre l'excédent des exportations sur les importations.
En :913, les importations de l’Allemagne s’élevaient à £ 538.000.000 et les exportations à £ 505.000.000, non compris le transit et le commerce des métaux précieux. Cela veut dire que les importations étaient supérieures aux exportations de £ 33.000.000 environ. Mais, d'après la moyenne des cinq années 1909-1913, cet excédent était supérieur et s'élevait à £ 74.000.000. Il s'ensuit donc que la totalité du solde d’avant-guerre de l'Allemagne servant à de nouveaux placements à l’étranger, provenait de l'intérêt des valeurs étrangères existantes et des bénéfices de sa navigation et de ses banques à l'étranger, etc. Comme ses biens à l'étranger et