CGAPACITES DE PAIEMENT DE L'’ALLEMAGNE
sa marine marchande doivent à présent lui être confisqués, comme ses affaires de banque à l'étranger et ses autres ressources de revenus provenant du dehors, ont été détruites, il apparaît que, sur la base d’avantguerre de ses importations et de ses exportations, l’Allemagne loin d’avoir un excédent qu'elle puisse affecter à ses paiements, n'aura même plus de quoi se suffire à elle-même. Sa première tâche doit donc être de modifier sa consommation et sa production, afin de couvrir ce déficit. Toutes les économies qu'elle pourra faire sur les marchandises importées, tout l’accroissement des exportations qu'elle pourra obtenir, serviront au règlement des Réparations.
Passons en revue les principaux articles d’exportation : (1) Fers usinés. En raison de la diminution des ressources allemandes, une augmentation nette des exporlations semble impossible et une grande diminution probable, — (2) Machines. Un léger accroissement est possible. — (3) Houille et coke. La valeur des exportations nettes de l'Allemagne était, avant la guerre, de £ 22.000.000. Les alliés ont convenu qu’à présent, les exportations ne pouvaient dépasser un maximum de 20.000.000 de tonnes, sans compter un accroissement problématique, et en fait impossible, qui les porterait à 40.000.000 de tonnes dans l’avenir. Même sur la base de 20.000.000 de tonnes, nous n’obtenons en fait aucun accroissement important mesuré sur les prix d’avantguerre; tandis que si ce chiffre est exigé, il en résultera une diminution bien plus sensible dans les exportations d'objets fabriqués dont la production nécessite l’emploi du charbon. — (4) Lainages. Une augmentation est impossible sans une importation accrue de laine brute, et si l’on tient compte des demandes de laine brute qui se font entendre de toute part, une diminution est possible. — (5) Cotonnades. La situation est la même que celle des lainages. — (6) Céréales. II n’y a jamais eu et il ne pourra jamais y avoir d’excédent net des exportations.
— (5) Objets en cuir. La situation est la même que celle des lainages.
Nous avons maintenant examiné près de la moitié des exportations d’avant-guerre de l'Allemagne, et nulle marchandise négligée par nous ne représente plus de 3 % du total. Quelles sont donc les richésses qui serviront au paiement? Les produits colorants? Leur valeur totale, en 1913, était £ 10.000.000. Les jouets? Ia potasse? —— les exportations en 1913 n'atteignaieñt pas la somme de £ 3.000.000. Et à supposer que certaines marchandises puissent être indiquées, sur quels marchés séraient-elles vendues? == si elles doivent, commie nous le pensons, se chiffrer non par dizaines, mais par centaines de milliofñs de livres sterling par an.
Du côté des importations, l’on peut plutôt espérer davantage. En abaïissant les conditions d'existence on peut obtenir unè diminution notable des dépenses d'importation. Mais, comme nous l’avons déjà vu, 1l ést impossible de réduire certains chapitres importants sans réagir par là même et dans le même sens sur la masse des exportations.
Fixons maintenant nos hypothèses à un chiffre aussi élevé qu'il peut l’être sans être ridicule. Supposons que d'ici quelque temps l’Alléemagne puisse, en dépit du resserrement de ses ressources, de $es facilités, de ses maïchés, accroître ses exportations et réduire ses importations, au point d'obtenir un soldé commercial de £ 100.000.000 évalué du prix d’avant-guerre. Cette situation lui servira d’abord à régler le solde contraire qui se mesurait en moyenne pendant les cinq années qui précédèrent la guerre, par £ 74.600.000, mais nous adméttons que, déduction faite de ces frais, il reste à l’Allemagne un solde favorable de £ 5o.o00.000. Si nous le doublons pour faire la part de la hausse des prix, nous obtenons le chiffrée de £ roo.00v.006. En tenant compte des facteurs politiques, sociaux, humains, aussi bien que purement économiques, nous ne pensons
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